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La maternelle

Maman, tu m’avais dit,

Que la mater ce serait super.

Je me ferais plein de copains

Je f’rai d’la peinture et du dessin.

R : Mais pourquoi y-a tant de bruit ?

Mais pourquoi y-a tant d’enfants ?

Moi j’ n’ai pas envie

D’commencer ma vie en stressant.

Maman t’as oublié,

A quel point c’est un enfer

Viens, je me sens abandonné

Viendras-tu me rechercher ?

R :

La maîtresse, elle est gentille

Mais à 30, que peut-elle faire ?

Elle sourit, me tend la main,

Me propose de jouer au train.

R :

Moi, les enfants, j’les connais pas

J’ai pas envie d’les approcher

Ils crient, ils pleurent, font des colères

Renversent tout, jett’ tout par terre

R :

Maman, t’as dit qu’ce s’rait super

C’est tous les jours la même galère

Y a trop de bruit, y a trop d’enfants

La maternelle, c’est trop violent.

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Premiers jours en maternelle

Qui ne se souvient pas de sa maternelle. Le coin peinture, les histoires, les copains dans la cour, et la gentille maîtresse aux cheveux longs. Les doux souvenirs qui nous ont fait oublier l’horreur de la réalité.

Car en réalité, les premiers jours en maternelle, c’est l’angoisse totale.

En quelques jours, 31 élèves de 2, 3, 4 ans arrivent dans la classe. 31 élèves qui ont soudainement oublié leur prénom. Le nez coulant et les larmes pleins les joues.

Celui qui hurle car Maman et Papa sont partis. Qui se sent abandonné, là, comme sur une aire d’autoroute. Persuadé qu’ils ne reviendront jamais et qui ne peut entendre les mots rassurants de la maîtresse. Il va pleurer toute la matinée, les jours suivants et la semaine d’après.

Celui qui rentre dans une ritualisation : « Maman est partie, elle va revenir me chercher ? » « Maman est partie, elle va revenir me chercher ? » « Maman est partie, elle va revenir me chercher ? » , et qui va répéter cette phrase toute la journée, et les jours suivants et la semaine d’après.

Celui qui est parfaitement à l’aise et qui va retourner la classe tous les jours suivants jusqu’à ce qu’il comprenne qu’on vit tous ensemble.

Celui qui pleure en silence dans son coin.

Celui qui se fait vomir de chagrin.

Celui qui a sa couche et qu’il faudra changer (eh oui, la couche est dorénavant bienvenue à l’école).

Celui qui n’a pas sa couche mais qui va se faire pipi dessus.

Celui qui veut déjà travailler, et qui va vous demander de l’ aider à écrire son prénom.

Celui qui tape car il refuse de se retrouver parmi les autres enfants, de partager son jouet, car à 3 ans, il ne sait pas encore que le partage fait partie du vivre ensemble.

Celui qui est autiste, mais ce jour-là vous ne le savez pas encore.

Celui qui arrive à jouer calmement, et là vous vous inquiétez car vous vous demandez : « mais comment fait-il ? »

Celui qui ne vous lâchera pas les mains de la semaine. C’est à peine si vous pourrez vous-même aller aux toilettes.

Celui qu’il faut changer car il est déjà trempés après la patouille et la joie d’avoir découvert les robinets des toilettes.

Celui eux qui s’accroche à la poignée de la porte, ou version différente, qui cogne à la porte pour sortir.

Celui qui s’est déjà sauvé dans les couloirs.

Ceux qui s’est déjà perdu dans les couloirs.

Vous multipliez tous les cas de figure (faits vécus à chaque rentrée) par deux et vous avez les 32 élèves.

Et au milieu, la maîtresse et sont ATSEM, qui tentent tant bien que mal et avec la plus grande bienveillance possible de rassurer, expliquer, consoler, aider, changer, nettoyer, ranger, observer …. en restant zen.

30 élèves en maternelle ? Est-ce qu’on peut correctement les accueillir ? Est-ce ainsi que l’on veut faire aimer l’école à nos enfants ? Est-ce bienveillant ? Est tout simplement humain ?

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Enfant perdu cherche maîtresse…

On a tous accueilli dans classe, en cours d’année,  des petits nouveaux. Ce matin, deux arrivent à 8h30 à l’école.  Chacun sa classe et sa maîtresse.  A 8h45, bien après la fermeture du portail,  une ATSEM vient me trouver avec une petite fille, me demandant dans quelle classe accompagner cette petite fille en retard. Devant ma tête,  elle comprend que je ne la connais pas.

3 ans, avec des adultes qu’elle n’a jamais vu, rien qui nous permette de l’identifier dans son sac à dos. A son prénom,  elle répond Aïaïa. Bon, ça ne va pas être simple.  Heureusement, la maman avait écrit le nom de l’enfant sur l’étiquette du manteau. Attendre 9h que le service scolarité de la mairie ouvre, et téléphone en main, j’arrive à retrouver le numéro des parents et de son ecole. La grand-mere  s’était juste trompée d’établissement.

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L’oubli total

15 jours de vacances et hop ! Le retour. J avais oublié la confusion pied gauche-pied droit chez les 3 ans, les nez coulants, l’absence totale d’autonomie dans les ateliers dits autonomes, les radiateurs surchauffés, et surtout que lorsqu’on a prononcé une seule fois le mot « galette » au moment du rituel du calendrier à 9h, galette prévue le 26 janvier, la seule idée qu’ils garderont en tête toute la matinée,   c’est de manger cette foutue galette !!

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Enfant malade

Être prof et avoir son enfant malade. Gastro, pas gastro comment savoir ? Le dilemne « j’y vais quand même »  « j’y vais pas » ? Reflechir vite. Les scrupules en pensant aux 30 parents qui vont se retrouver le bec dans l’eau ce matin, aux collègues dont les effectifs vont grimper. Les scrupules à encombrer la salle d’attente de son médecin pour une mauvaise nuit passée.

Et puis regarder son p’tit loup dormir, ne pas le réveiller.  Être maman avant tout.

J’en vois combien des maman me déposer leur petit loup le matin en me disant : « Il a vomi cette nuit. N’hésitez pas à m’appeler si ça ne va pas ». Être l’inverse, faire l’inverse. Appeler son employeur et dire « Il a été malade cette nuit, je le garde, je vous rappelle quand il ira mieux. » Être fière d’être maman, pour nos petits loups, pour nous.

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Le mardi c’est permis

Si l’on se pose encore la question sur les bienfaits de la semaine de 4 jours, voici une réponse.

Ma commune fait partie des 37%  à repasser à 4 jours.

Nous sommes mardi soir. J’ai passé une journée avec mes élèves sans courir ; j’ai pu goûter avec mes enfants sans avoir à penser à ma journée de demain ; nous n’avons pas les devoirs à penser ce soir, et quand on a un enfant multidys,  les devoirs deviennent vite multicauchemars  (cris, hulements, fatigue, stress pendant plus d’une heure…) ; je les ai regardé faire du vélo,  car ils ont eu le temps de faire du vélo ; un concours de chatouilles ; nous avons chanté sous la douche,  car pour une fois maman a eu le temps de faire la douche sans s’énerver ;  un petit plateau télé pour fêter le retour du mardi (exceptionnel car papa n’est pas là et pas d’école demain) ; et nous irons nous coucher sans les « dépeche-toi, de te laver les dents, dépeche-toi d’aller faire pipi, dépeche-toi de te te coucher, y a  école demain ».

Alors à quoi sert le mardi soir ? Aux enfants à être pleinement enfants et aux mamans instits à avoir le temps d’être pleinement maman, juste maman, sans avoir invité toute la classe dans leur tête.

Pour les mamans non instits, à etre maman sans devoirs un soir par semaine.

Pour les enfants qui se lèvent pour le centre aéré, à gagner une soirée sans devoirs et avoir le plaisir d’etre juste un enfant à la maison, à se lever sans le stress du « je n’ai pas eu le temps d’apprendre ma leçon, pourvu qu’il ne m’interroge pas… » et à avoir un enseignant plus disonible jeudi matin, à vivre donc dans un meilleur climat de classe.

Du temps, de la disponibilite, du rire et plein d’amour.

Alors merci Monsieur le maire, merci Monsieur l’Inspecteur d’académie. ..  Et une grosse pensée demain aux copines collègues qui n’ont pas eu cette chance cette année😆