Doucement.
Il est temps de le laisser, de couper le fil, de le lâcher.
Lâcher la corde et faire confiance.
Il ira bien.
Il est prêt.
Il n'a plus besoin de moi, je le sais,
ça fait un moment déjà que je le ressens.
Mais l'accepter, ça prend du temps.
Il est grand maintenant.
Etre rassurée de ce qu'on lui a donné.
Etre fière du chemin parcouru.
Ne rien regretter,
on a fait comme on pouvait.
Lui assurer de notre présence
quoi qu'il arrive.
Etre là, toujours.
Le voir grandir, veiller sur lui,
de loin, discrètement.
Et faire confiance.
Doucement.
Catégorie : coin des mamans
Dans la valise
Faire les bagages pour soi et sa famille de 5 n est pas une mince affaire quand on part en vacances.
Voyons, qu’ai-je bien pu oublier ? Chaussures de rando ? Ok. Affaires de plage ? OK. Draps pour les gîtes ? OK. Trousse à pharmacie ? OK. Sac à main avec sa carte bleue (déjà oubliée l’an passé, pas envie de recommencer !) ? OK. Déguisement pour l’anniversaire de Sophie ? OK. De quoi écrire et dessiner ? OK. Mon bouquin ? OK.
Je retourne mon cerveau à la recherche de ce qui pourrait me manquer cet été…
Mais n’aurais-je pas oublié tout simplement l’essentiel ? Légèreté, simplicité, détente et joie de vivre ?
Trouver sa force
Jeudi – 8h30 – lycée professionnel.
Le laisser aller seul à son entretien de Passpro, parce que, malgré sa volonté, il n’aura peut-être pas les compétences pour aller en seconde générale. Chercher un plan B. Un bac pro motivant, mais sur entretien, parce que là aussi les places sont chères. Prendre le train tôt le matin. 8h30. Un couloir rempli de jeunes venus seuls ou accompagnés d’un parent.
Une porte s’ouvre. Un professeur l’appelle. Le laisser rentrer seul. Ne plus le porter. Rester dans le couloir pour la première fois, et le laisser défendre sa vie.
Je n’ai jamais eu peur pour moi. Je me suis toujours débrouillée, j’ai trouvé mes forces, et suis allée au bout du monde au mérite de celles-ci. Mais pour lui, pour mes enfants, attendre derrière cette porte, dans un couloir, au milieu d’autres parents, se sentir impuissante. J’aimerais lui donner toute ma force.
Et puis, laisser faire la vie comme pour moi. Faire confiance, lui faire confiance.
La porte s’ouvre. Son sourire, fier. Convaincant ou pas, n’est pas la question. Fier parce qu’il l’a fait tout seul. Il a dû s’affirmer seul. Et c’est là, exactement là, dans ces moments de confrontation avec lui-même, que lui aussi trouvera sa force.
Crep’art
Comment faire de l’art avec avec une crêpes party :
- réaliser sa pâte à crêpes
- poser tous les ingrédients sur la table : jambon, bacon, bresaola, tomates cerises, champignons, fromage à raclette, fromage à tartiner, œuf de caille, épices …
- mettre une louche de pâte sur les emplacements de la crêpière
- à chacun de composer son œuvre d’art.


Handicap
Match de Hand, un samedi après-midi. Tournoi des moins de 12 ans.
Je sais qu’il est le lus fragile, qu’il ne marquera aucun but. Je connais le regard des autres parents. Je sais qu’il n’est pas un atout pour l’équipe. Je sais qu’il sera souvent sur le banc de touche. Je sais qu’il perdra quelques bales. Je sais qu’il ne sera pas élu l’homme du match. Je sais aussi le courage des entraîneurs de le faire jouer ce match, le respect de ses copains, son courage à lui de se donner à fond dans ce sport qu’il a choisi, sa fierté d’être sur le terrain, sa fierté parce que je suis venue le regarder.
Et moi, j’ai juste à être là, à l’encourager et à le porter de tout mon amour.
Tenir
Jeudi. 6H. Réveil. Douche, un jean, un pull, essayer de se faire un peu jolie. Réveiller le mari, les enfants. Préparer le petit déj. Déjeuner. Accueillir le chat du voisin. Regarder la pendule. Vérifier le départ du premier : pass Navigo ? clés ? Ok. Préparer le repas à emporter de ce midi pour éviter les 8 euros de la cantine. Météo ? Dents, clés, chaussures, portable.
7h40. Démarrer la voiture. ça roule bien.
Boulot : préparer la classe : photocopies, aérer, cahiers, emploi du temps, bonjour aux collègues en vitesse.
8h20 : ça sonne. Accueillir mes 23 CP. Faire classe. Phonologie, graphème, service récréation, calcul mental, maths, lecture, poésie. Enchaîner avec la 1/2h d’APC.
12h : aller enfin aux toilettes. Manger.
12h30 : préparer l’après-midi. Cahiers, photocopies. Découpage. Affichage.
13h20 : accueillir mon élève autiste. Comment se sent-il aujourd’hui ? Histoire, écriture, maths, récréation, questionner le monde, production d’écrit, musique. Et rendre tout ce petit monde à 16h30. Avoir entre temps, gérer une crise et nettoyer 2 pipis.
16h40. Corriger. Ranger la classe.
17h30 : retour maison. Accompagner le 3è avec son copain au hand. Rentrer. Gérer le 1er, ses devoirs. Besoin d’aide ? Accompagner le 2è au tennis de table. Passer chercher les légumes à l’amap. Récupérer un colis, faire une course, rentrer. Préparer le dîner. Vérifier que le 1er a bien tout son dossier handicap pour le brevet à rendre demain. Récupérer le 3è. Aller chercher le 2è. Finir de préparer le dîner. Pourquoi ai-je fais des légumes ? les pâtes ça va plus vite ! Checker les devoirs. Checker les douches. Dîner. Ranger la cuisine. Mettre un lave-vaisselle en route (béni soit son inventeur). Vérifier les lumières éteintes.
21H30 : s’installer à son bureau. Vérifier que la journée de cours est prête pour demain. Vérifier la messagerie professionnelle. Saisir sur internet les évaluations nationales CP.
24H. Les dents. Pyjama et au lit.
Et demain, on recommence.
Et puis garder le sourire. Avec quand même parfois l’envie de pleurer de fatigue.
Un enfant
Samedi 26 février – Paris Montparnasse – quai 7 – voiture 17
En regardant ce wagon rempli d’enfants voyageant avec Junior et compagnie, en regardant ces parents attendant le départ du train sur le quai, ces regards, ces sourires, les parents laissant partir ce qu’ils ont de plus cher, en regardant ces enfants, je me dis que ce wagon représente l’avenir du monde. Le monde de demain.
Quel monde veut-on leur laisser et aider à construire ?
Et si nous changions nos habitudes et pratiques éducatives et instructives, les humiliations, les fessées, les gifles, l’indifférence, le mépris, les petites tapes, les moqueries, l’égocentrisme, notre stress pour les refonder sur l’amour, le respect, la tolérance, le partage, l’acceptation, l’encouragement, la bienveillance, le dialogue, l’échange, l’écoute ?
Si l’enfant ne les subit pas petit, y aura –t-il recours une fois adulte ? Un enfant élevé dans la douceur deviendra-t-il un adulte blessant ?
En tout cas, cela vaut le coup d’essayer. A nous, alors adultes, parents, enseignants, de changer nos pratiques et habitudes. Si chacun fait sa part, à son échelle, si petite soit-elle, alors peut-être que le monde de demain sera plus doux que celui d’aujourd’hui.
N’attendons pas demain, ni l’autre pour nous y mettre.
Ça commence toujours par soi, ici, en cet instant.
Et si on les laissait choisir
Mercredi 05 janvier – Hôpital Robert Debré – Pause entre deux RDV
Mon bonhomme de 14 ans et moi sortons d’un RDV en soin radiologique et attendons le suivant en soin ORL. Nous nous baladons dans le parc à proximité de l’hôpital. Je l’observe et je l’écoute. Il veut se lancer dans une branche cinéma.
Où qu’ils soient, j’aime ces moments d’échange, d’écoute réelle. Je grandis à chaque fois que j’observe et écoute mes enfants.
Ce matin-là, en cette nouvelle année, je l’observe, je l’écoute et prends conscience que mon enfant ne m’appartient pas, et ne m’appartiendra jamais. Aucun être humain n’appartient à un autre être humain, quel que soit son âge.
Mon enfant n’est pas là pour me servir et m’obéir sans discernement.
En tant que maman, je suis là pour l’aider à grandir, à faire ses propres choix, l’aider à se réaliser dans son unicité.
Vouloir s’approprier son enfant, cela revient à nier son individualité, sa personnalité.
Mon rôle est de l’aider à découvrir et à développer son potentiel.
L’aider à se construire et à faire ses propres choix, en respectant ses choix, en lui permettant d’être libre de ses choix.
Tout parent agissant de la sorte aidera son enfant à s’épanouir, à devenir autonome et heureux.
Aidons nos enfants à devenir ce qu’ils sont appelés à devenir, en les écoutant. Seuls eux savent ce qui les motive. Les observer, les écouter, tout en ayant sur eux des gestes sécurisants, des paroles encourageantes et un regard bienveillant.


Le Yes day

Nous adorons passer nos vendredis soir autour d’une pizza maison et d’un film choisi ensemble. Nos enfants grandissant, nous sommes passés de Bob l’éponge aux films pour préado. C’est ainsi, qu’il y a deux semaines, nous avons regardé le Yes day, film ado américain. Le sujet du film est simple : pendant une journée, les parents doivent dire oui à tout ce que leur proposent leurs enfants. Evidemment, dans le film tout part en cacahuète.
En allumant notre téléviseur ce soir là, nous n’avions pas envisagé que la première chose que les enfants nous diraient une fois le film terminé : « Et si on faisait … un yes day ? »
Ben voyons… Ben voyons …
L’anniversaire de notre deuxième, 12 ans, tombant, encore une fois pendant le confinement, nous avons cherché une journée originale. Nous avons donc accepté ce Yes day. Les enfants étaient fous de joie. Et nous, nous prenions très peu de risques : confinement à 10 km, pas de copains, un dimanche sans magasin, pas de Mickeyland en vue. Un Yes day sous contrôle.
Les enfants avaient établi le programme, des règles pour les parents (1H maximum de téléphone par jour, dire non ou crier signifie une disqualification, si les deux parents sont disqualifiés, les enfants gagnent le droit d’avoir leu propre chaine Youtube), et nous des règles pour les enfants (limite sonore, limite en euros, pas de dégradation, pas plus d’une journée).
Ainsi avons nous passé la journée à faire du vélo, à construire un parking géant pour les petites voitures : garer toutes les voitures de la caisse, et les faire rentrer une à une le soir dans la caisse (il ne manquait que l’odeur du cuir de la voiture et les coup de gueule de mon mari, et on se croyait sur l’autoroute A13, un dimanche soir), à faire un concours de Légos (une réalisation sur le thème des méchants à créer en 30 mn), un concours de danse (je n’ai jamais vu mon mari danser comme ça), manger Mac Do à midi, et des pates carbo le soir, cuisiner un gâteau au chocolat, et finir par une soirée jeux de société.






Nous avons tolérés qu’ils n’aident pas au quotidien de la maison, 2h d’écrans dans la journée, les sauts sur le canapé, les spaghettis avec les doigts, les doubles cheeseburgers, les jeux jusqu’à minuit, l’excitation dans le salon, les disputes où nous n’intervenons pas, le vélo en tee-shirt par 9°C extérieur.
Les avantages :
- nous avons passé 90% de notre journée avec nos enfants, sans les partager avec nos téléphones, emploi du tems, contraintes. Nous avons été entièrement présents pour eux
- nous avons découvert que nos enfants sont super raisonnables (trop peut-être)
- j’ai vu que ma limite première est la fatigue (jouer à 23h à Blanc Manger Coco junior devient difficile) et celle de mon mari est la nourriture (ne pas pouvoir reprendre des pâtes l’a disqualifié)
- nous avons découvert que si nous ne les rappelons pas tout le temps à l’ordre, ils faisaient les corvées d’eux mêmes : tous les jeux sortis ont été rangés sans rien demander
- nous avons dû modifier notre façon de parler et transformer nos phrases négatives en phrases interrogatives.
- nous leur avons donné le pouvoir du oui
- nous avons passé une excellente journée en famille
Les inconvénients : aucun
Petits conseils pour les parents qui souhaiteraient tenter l’aventure :
- pour les parents joueurs, regarder le film en famille et sauter dans l’aventure ; pour les plus frileux, regarder le film avant de le montrer aux enfants (il montre la version que nous n’avons pas vécue)
- commencer un dimanche de confinement
- faites confiance à vos enfants et amusez-vous
Un autre temps
Je me souviens des déjeuners chez mes grands-parents. Nous arrivions pour 12h30. Un apéro de petits fours et champagne nous attendait au salon. Dire bonjour, retrouver toute la famille. Grands-parents, tantes, oncles et cousins. Tous tirés à quatre épingles, cravate, tailleurs et brushing.
Nous passions à table dans la vaste salle à manger. Notre premier réflexe était de regarder les prénoms inscrits sur les petits pains individuels, posés à droite des verres, pour connaître nos voisins de table. Le patriarche dominait. Cette table dressée au centimètre près pour quinze convives, plus si mes grands-parents recevaient, qui ne faisait que grandir les dernières années avec les pièces rapportées. Une assiette pour chaque plat, trois verres, six couverts, porte-couteau, carafes, décorations de table en fonction des fêtes, serviettes et nappe brodées, porcelaine, cristal et argenterie. Entrée, plat, fromages et dessert, accompagnés des meilleurs vins. Puis le café, servi au salon.
Dis-moi Mamie, comment faisais-tu pour faire tes courses, cuisiner, dresser la table, tout en gardant du temps pour la messe du dimanche matin, nous recevoir avec le sourire ? Dis-moi Mamie, comment faisais-tu pour que tout soit prêt et impeccable, que nous fussions quinze ou plus de vingt, tous assis a à la même table ?
Et moi je cours dès que je reçois six personnes. Je fais les courses entre devoirs et rangement le samedi matin, travaille, puis mon dessert le samedi soir, mon repas le dimanche matin, pas de messe, pas le temps, j’espère qu’Il comprendra. Ma table qui bloque à douze, mon salon et ses huit assises, mes serviettes en papier, et ma vaisselle Ikea. La table dressée en passant l’aspirateur, les apéros juste ce qu’il faut, pour la déco, on verra l’an prochain, je cours pour que que tout soit prêt sans être impeccable, et un sourire de fin de marathon quand la sonnette retentit.
Dis-moi Mamie, comment faisais-tu ?
