tapis du bonheur

Le top 10 des endroits où ne rien faire

Suite aux articles « Rien » et « Un énorme rien » publiés cet été, j’ai cherché durant les vacances les meilleurs endroits pour ne rien faire. Tâche très ardue 😉. En voici mes conclusions, avec entre parenthèses les inconvénients -, et les avantages +.

1 – le lit ( – aimer rester au lit)

2 – le canapé ( – être seul et rester chez soi)

3 – les transports ( – ne pas conduire et sans enfants / + la diversité du paysage)

4 – l’herbe fraîche ( – les fourmis / + la nature sous les pieds)

5 – la serviette de plage ( – la surpopulation estivale / + le paysage)

6 – la chaise longue (basique)

7 – le bain ( + les odeurs d’huiles essentielles)

8 – le hamac ( + l’apesanteur)

9 – le massage ( + pur moment de reconnexion à soi-même)

10 – la bouée géante du Congo River d’Aqualand (+ le must du must, pas mieux : coincée pendant 20 minutes dans une énorme bouée, et se laisser flotter sur la « rivière » artificielle d’Aqualand (parc d’attraction aquatique) pour faire plaisir à son petit dernier, qui fait le même trajet dans sa bouée, à quelques mètres, parce qu’il a peur des autres attractions : fait et refait au moins 8 fois dans la journée, soit plus de 2h30 de glandouille totale 😎)

étagère spirituelle·tapis du bonheur

Un énorme rien

Le retour de la chaise longue et du farniente (= ne rien faire en italien).

Depuis le début de ces vacances, j’ai battu mon record de temps de rien. D’habitude, à peine arrivée sur le lieu des vacances, hop, planning des menus, courses, visites, excusions, activités, marchés. Chaque jour, une activité le matin, une autre l’après-midi, et une dernière en soirée.

Mais là, juste se poser sur la chaise longue, regarder ses enfants jouer dans la piscine, son mari rougir endormi au soleil et pour soi cultiver l’art du rien.

Et découvrir dans l’art du rien, qu’il est un énorme cadeau aux autres, à soi-même et à la vie.

Aux autres, car c’est leur donner l’occasion de faire ce qu’ils veulent sans être pressés, bousculés. C’est leur donner le temps de faire, d’aller à leur rythme, de choisir, d’être, d’avoir envie, de proposer, de prendre des initiatives. C’est offrir à ses enfants, ce moment où ils peuvent dire : « Maman, tu viens dans l’eau avec moi ?  » Et de pouvoir ne répondre que oui, parce que pour une fois, on ne fait rien. C’est être pleinement disponible pour les autres. C’est se donner aux autres.

A soi-même, car c’est donner l’occasion à son corps de se poser et de se reposer après une année de stress, de travail, de speed, de « je n’ai pas le temps de m’écouter, je verrai plus tard, tiens bon, encore quelques semaines … » C’est remercier et respecter son corps de nous porter chaque jour. C’est se donner à soi.

A la vie, car dans le rien, on écoute ce qui se passe en soi, autour de soi, on voit, on observe, on comprend. C’est donner la possibilité à son mental de ranger, classer, trouver une solution, passer à autre chose, lâcher prise, vider, trouver une idée. C’est pouvoir écouter son intuition, laisser libre cours à son imagination. C’est se relier au divin en soi. C’est se donner à la vie.

Profiter de ces riens, nourrissez-vous-en, vivez les pleinement, et surtout … ne faites rien.

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Rien

Se poser, enfin. S’arrêter. S’allonger. Là.

Ecouter au fond les cris et le bruit de l’eau des enfants qui jouent dans la piscine.

Se laisser caresser par les rayons du soleil qui percent à travers le branchage des arbres.

Le chant des oiseaux.

La main sur l’herbe fraîche.

L’odeur des rosiers, de l’érable, et du soleil d’été.

Les branches des arbres dans l’infini ciel bleu.

La fourmi qui nous chatouille le pied.

Et le rien.

Le rien absolu.

Le rien au ralenti.

Les vacances peuvent commencer.

étagère spirituelle

Les précurseurs du développement personnel.

Certains attribuent le début du développement personnel au XIXè ou XXè siècles. Et pourtant il n’en est rien. Si l’on regarde l’histoire de l’humanité, le développement personnel a toujours été présent : les Toltèques, les philosophes de l’Antiquité, et même Jésus. Je ne viens pas écrire un article sur du prosélytisme religieux, je respecte trop les libertés individuelles pour tenter de convaincre quiconque. Mais Jésus, dont on raconte l’histoire depuis 2021 ans (cela m’a toujours épatée qu’on ai pu, et puisse encore, autant raconter la vie d’un homme depuis tant d’années) est le premier psy de l’humanité, un des premiers hommes à faire du développement personnel, bien avant notre siècle où nous croyons avoir inventé la bienveillance et l’éducation positive : « Laissez venir à moi les petits enfants » ou encore « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites », c’était de l’éducation positive.

Quand j’étais petite, je me disais que cet homme est un grand farfelu : qui peut marcher sur l’eau ? Qui peut multiplier des pains ? Qui peut revenir d’entre les morts ? Imaginez cet homme prononcer ces paroles il y a 2021 ans, imaginez le même homme aujourd’hui prononcer ces mêmes paroles. Il lui arriverait le même sort, quoique l’abolition de la peine de mort soit appliquée dans de nombreux pays. En tout cas, il serait dans un asile, nourri aux petites pilules colorées.

Et pourtant, ses paroles n’ont jamais autant résonné qu’aujourd’hui, dans notre société. Prenez une phrase au hasard et écoutez. Ecoutez-la vraiment. Vous pouvez entendre ce qui vous vient à l’esprit (sans jeu de mot), ou ouvrir un livre sacré à n’importe quelle page, puis imaginez cette phras, écrite juste pour vous. Pour moi ce matin, je me suis levée avec « Vas, lâche tout et suis-moi. » J’ai toujours compris cette phrase en croyant : « Vas, rentre au couvent et prie-moi toute la journée. » Mais en fait pas du tout. Pour moi elle signifie aujourd’hui : « Vas, prends ton crayon et écoute-moi. » Ce matin, j’ai donc pris mon crayon sans trop savoir ce que j’allais écrire, comme souvent d’ailleurs ; même moi en écrivant cet article, je suis déroutée.

Chaque phrase peut résonner en nous d’une façon différente. Il ne suffit pas de lire ces phrases ou d’écouter ces textes pour se donner bonne conscience, mais d’individualiser la parole, comme on le fait avec les nombreux livres sur la bienveillance qui remplissent nos étagères. Alors prenez une phrase au hasard, lisez-la et individualisez-la pour vous seul.

PS : en finissant cet article, je me suis amusée à prendre une phrase au hasard et je suis tombée sur : « Venez avec moi. » (je ne sais pas où je dois aller, mais faut vraiment que j’y aille …)

par la fenêtre

Dans une goutte d’eau

L’épaisse couche nuageuse s’en va. Depuis un mois, elle s’est installée. Là, au-dessus de nos têtes. Elle s’est posée comme une barrière entre le soleil et la terre. Depuis un mois la pluie tombe, parfois en journée continue. Le sol est trempé, partout des inondations. Tel un déluge de 40 jours. De la pluie chaque jour, comme si la nature avait eu besoin de nettoyage.

Nous étions enfermés dans nos maisons, sous nos parapluies, dans nos parkas, derrières nos masques. Hermétiques au vent et à l’eau. Méfiants de tout, de cette nature trop humide, de l’homme et ses microbes, et surtout de la vie elle-même. Murés derrière nos fenêtres à écouter par média les recommandations : vous ne devez plus sortir, vous ne devez plus vous rencontrer, vous ne devez plus vous toucher, vous ne devez plus travailler, vous ne devez plus respirer, vous devez nous écouter, vous devez rester chez vous à regarder la pluie tomber. Chacun coincé dans sa goutte d’eau.

La fin de cette couche nuageuse est bien là. Ce matin au réveil, on en perçoit très bien la délimitation, elle dessine une courbe dans le ciel. Derrière elle, le bleu du ciel, le soleil et la chaleur retrouvés.

hamac aux histoires

La porte

Elle est assise, dos à la porte. Depuis combien de temps est-elle là ? Quelques jours ? Quelques semaines ? Quelques années ? Assise.

De temps en temps, elle lève le nez, elle se redresse, regarde par le trou de la serrure, touche la poignée, la tourne, puis relâche et se rassied. Dos à la porte.

Partout sur cette porte, des mots, des dessins, des tâches noires ou colorées, autant de rêves et de désespoirs.

Il arrive qu’elle se dresse face à la porte pour hurler sa souffrance de ne pouvoir l’ouvrir, ses poings venant frapper le bois, ses larmes s’éclatant sur le revêtement. Parfois elle s’endort sur son seuil. Parfois elle écoute ce qui se passe derrière en y collant l’oreille.

Si quelqu’un vient à y frapper, elle hésite, sans jamais ouvrir.

Cette porte, sa porte, si réconfortante, si emprisonnante. Sa main, ses yeux en connaissent chaque centimètre.

Et puis un jour – pourquoi ce jour là ? – elle se lève, se met face à la porte, saisit la poignée, regarde cette poignée, la tourne, et d’un coup, d’un geste décidé, ouvre grand la porte. Face à la magnificence du monde qui s’ouvre devant elle, elle franchit le seuil, et va…