par la fenêtre

Jour 4

Dernier jour.
J’avais oublié l’inconfort du sac à viande et le bonheur de marcher la nuit sans éclairage, à la lueur de la lune.
Repartir, pour le dernier jour.
Une réserve ornithologique le matin, la bruine bretonne, celle qui rafraîchit mais ne mouille pas, un foodtruck pour le déjeuner, des paysages plus sauvages, des rochers à traverser, le bleu du ciel, l’eau turquoise des plages de sable blanc, le violet des bruyères, du rose, de l’orangé, un port de plaisance et une glace pêche – citron vert pour fêter la fin du périple.
Les derniers mètres, se rallonger un peu en attendant le taxi (bon, pas la meilleure idée de la journée).
Et le taxi qui nous ramène au point de départ avec les Mistral gagnants.
De ce voyage, on ne gardera pas tous les mêmes souvenirs, peut être pas tous l’envie de recommencer, mais pour moi c’était exceptionnel. Merci à ma petite famille de m’avoir suivie dans mon idée farfelue.

par la fenêtre

Jour 3

Mémorable, épique.
Ça a commencé par une nuit trés perturbée, avec un pied en charpie pour l’un, un autre qui vomit tripes et boyaux, un moustique et une insomnie pour un troisième.
Au petit matin, tous motivés pour poursuivre l’aventure.
L’avantage du GR34 est qu’on peut couper des tronçons. Un premier groupe part pour le tracé initial, l’autre suivra plus tard. Retrouvailles à midi grâce à la technologie moderne.
Méme le temps est fatigué aujourd hui.
La canicule est partout en France, sauf ici. Une brume marine nous suivra toute la journée. On a presque froid. Et surtout … on ne voit rien.
Douleurs au pied, douleurs utérines, manquait plus que ça, mais on continue. Faire avec son corps, faire avec la météo, faire avec la vie.
On décide de couper par marée basse, de gagner de nombreux kilomètres, et surtout d’éviter la départementale pour rejoindre notre île. Je prends le mauvais chemin (sauf qu’ il n y a pas vraiment de chemin) et là, le clou de la journée, on se retrouve en plein marécages du Mordor (cf Seigneur des anneaux). Vase dégueu dans laquelle on s »enfonce, évidement engueulades qui vont avec, on en a partout et on ne sait pas comment sortir de ce bourbier. Il manquerait plus que des sables mouvants ou la marée montante. Il faut sortir de là. Un pêcheur de coquillages au loin, il doit connaître le terrain. On arrive à son niveau, du sable, du vrai. On aura passé 1h à traverser et sauvé toutes nos chaussures.
Enfin, notre île.
Rejoindre le camping municipal, typique, celui où tu dis bonjour à ton voisin avec le pq sous le bras. Les gars n’en ont jamais fait. L’aventure continue. Découvrir sa tente, son cabanon, écouter ses voisins jouer aux cartes et prendre l’apéro, avoir 6 mn d’eau chaude pour une douche, admirer les lavages de casseroles en collectif, se laver les dents en communauté. ais au fond la simplicité, la vraie. Pour nous se sera une nuit, pour les gens d »ici ce sont leurs vacances, un art de vivre pour certains, peu de moyens pour d’autres. Se rendre compte de notre richesse, de notre chance et être reconnaissant.

par la fenêtre

Jour 2

Marcher tous les 5.
Marcher ensemble, chacun dans son silence, dans ses pensées.

Le bleu turquoise de l’eau, la douceur du sable, l’odeur de l’iode, le scintillement du soleil comme des étoiles sur la mer, le clapotis des vagues, des voix au loin, les bonjours des randonneurs.

Chercher des visages dans les roches de granit rose, observer le vol des mouettes, méditer sur un rocher, faire 1 avec la nature.

Improviser un diner sur la plage, dormir chez l »habitant et bouquiner dans un lit.

par la fenêtre

Jour 1

Le jour du départ. A l’aventure.

On laisse la voiture, et c’est parti. Des paysages magiques et la magie de vivre cette expérience en famille.

Les garçons me taquinent gentiment car on n’est pas si coupé du monde que ça. Mais voir leur émerveillement devant la fraîcheur d’un cours d’eau, celle de l’ombre d’un arbre, faire marcher des muscles qu’on n’utilise pas assez, leur endurance et le dépassement de soi à grimper des rochers parce qu’on a perdu la piste du GR… (enfin là, c’est plutôt moi qui ai dû me dépasser) me montre que le jeu en vaut la chandelle.

La joie de l’arrivée, de se poser sur le canapé du gîte. Le plaisir simple d’une douche, un petit massage du corps et des pieds. Tous ces petits riens du quotidien qui ont fait notre richesse d’aujourd’hui.

Et puis finir la journée au resto, en famille, la petite carotte des ados, le plaisir d’être ensemble.

par la fenêtre

Au bout du monde

Ça y est, c’est le départ. On ne va pas bien loin, mais on tente de partir avec presque rien, le minimum. Des chaussures, de l’eau, un sac de rando qu’on portera.
Réfléchir à ses essentiels, dans le genre si tu partais sur une île et que tu ne devais prendre que 10 choses, que prendrais tu ?
Partir avec presque rien, laisser la voiture, et marcher en nature, 4 jours, sur le GR 34, aller de gîte en camping, dormir sur une île.
Le faire soi tout seul est déjà une jolie experience, le faire à 5 avec mari et ados est tout un périple.
Une aventure qu’on ne fera peut être qu’une fois.
Un moment décroché du monde à nous 5.
Pour moi, ça vaut tous les voyages au bout du monde.

coin des mamans

Doucement

Doucement.
Il est temps de le laisser, de couper le fil, de le lâcher.
Lâcher la corde et faire confiance.
Il ira bien.
Il est prêt.
Il n'a plus besoin de moi, je le sais,
ça fait un moment déjà que je le ressens.
Mais l'accepter, ça prend du temps.
Il est grand maintenant.
Etre rassurée de ce qu'on lui a donné.
Etre fière du chemin parcouru.
Ne rien regretter,
on a fait comme on pouvait.
Lui assurer de notre présence
quoi qu'il arrive.
Etre là, toujours.
Le voir grandir, veiller sur lui,
de loin, discrètement.
Et faire confiance.
Doucement.

par la fenêtre

Demain, le monde

Je suis là, dans ma cuisine, une odeur de béchamel et de poireaux se dégageant de mes casseroles. Le soleil décline à l’horizon.

Mon fils aîné révise son bac, mon deuxième travaille ses maths, le dernier est à son entrainement de hand-ball. Ils sont l’avenir, le monde de demain.

Je me rappelle leurs rires d’enfants. Je souris en pensant à ceux de mes élèves aujourd’hui.

Ailleurs, les enfants rient aussi.

Douce fin de journée de printemps. Petits bonheurs simples du quotidien.

Je regarde le soleil décliner. Je sais ce qui se trame en dehors de ma cuisine, dans le reste du monde. La folie d’un homme, et d’autres.

A nous pourtant, adultes, de protéger les rires d’enfants, de se battre coûte que coûte pour qu’ils résonnent encore, pour maintenir, pour eux, la paix.

Le soleil se cache derrière l’horizon. Coucher de soleil. Et demain, le monde ?

https://www.mesopinions.com/petition/politique/stop-paix/279081

tapis du bonheur

Bonheur

Qu’as-tu aujourd’hui dans ton emploi du temps ?

Rien.

Une journée de rien.

Et rester là, allongée encore quelques minutes en savourant ce rien, si rare et précieux.

Pour autant, je sais bien que je ne vais pas rester sans rien faire. Mais laisser de côté les tracas d’hier, ils reviendront demain.

Aujourd’hui je vais remplir ma « journée de rien » de plein de petits bonheurs.

  • Sûrement écrire.
  • Peut-être peindre ou dessiner.
  • Aller courir ?
  • Jardiner, oui.
  • Cuisiner ? Peut-être.
  • Me balader ?
  • Une activité en famille …

Je verrai, au fil des heures. Je me laisserai porter par le temps et mes envies.

Et vous ? Quelle sera votre journée de rien ? Quels petits bonheurs allez-vous y attraper ?

"J'ai décidé d'être heureux
Parce que c'est bon pour la santé."
Voltaire