Dans la forêt·par la fenêtre·tapis du bonheur

Hiver

Pluie – Froid – Nuages bas – Brumes

Forêt silencieuse – Feuilles mortes et gadoue – Pieds qui pataugent

Grisaille – Pénombre – Torrent enragé – Grotte ténébreuse – Mains gelées

Laisser aller ses pensées au fil de l’eau, au fil du vent, au fil du silence.

Se perdre dans le paysage. S’abandonner à la nature. Déposer. Laisser aller. Silence total. Et respirer.

Et puis le froid qui nous rappelle. La nuit qui tombe. Un écho dans le lointain.

Revenir au chalet – Rallumer le feu – Mettre des vêtements secs et douillets – Un bon roman

Et la magie des panettone, pancakes à la cannelle et chocolat chaud.

par la fenêtre

Heure de pointe

Quai de gare. Achères-ville. 7h45.

Ce matin, elle est là sur le quai de la gare, avec ses cheveux, un côté brun, un côté blond. Affichant sa différence. Le sourire aux lèvres avec ses couleurs.

Ce matin, il est là sur le quai opposé. Il rythme sa musique, écouteurs aux oreilles. Il chante dans sa tête. Le sourire aux lèvres avec sa bande son.

Différences assumées.

Tous les autres voyageurs sont assortis des mêmes couleurs : brun, gris, noirs. Silencieux. Le nez sur l’écran, le regard dans le vide. Ne pas regarder, ne pas sourire, ne pas déranger, ne pas exister. Des « ça ne se fait pas » et des « que va-t-on penser de moi » plein la tête. Invisibles.

Je me rends compte que je porte des couleurs similaires aux autres, avec mon gris, mon marron, juste une nuance de rose pâle.

Alors, lever les yeux. Redresser le dos. Relever la tête. Aller chercher le soleil au fond de soi. Qu’est ce qui me fait vibrer ? Qu’est ce qui me rend heureux ? Les couleurs ? la musique ? La danse ? La parole ? L’écoute ? Chacun d’entre nous a son individualité, son originalité ? Qu’elle est mon originalité ?

De quelle humeur serait le monde, si chacun osait être soi, si l’art faisait intégralement partie de nos vies ?

Osons nos couleurs. Osons notre swing. Osons être nous. Osons.

par la fenêtre

Fin d’été

Avez-vous senti
La fin d'été ce matin ?

Le soleil qui tarde à se lever ?
Les parfums des feuilles séchées ?
Les cimes des arbres aux tâches orangées ?
Le calme des rues, le bruit des récrés ?
La petite laine du matin dans l'air frais ?

L'été, demain, sera parti
C'est l'automne doucement qui vient.
par la fenêtre

Dans une goutte d’eau

L’épaisse couche nuageuse s’en va. Depuis un mois, elle s’est installée. Là, au-dessus de nos têtes. Elle s’est posée comme une barrière entre le soleil et la terre. Depuis un mois la pluie tombe, parfois en journée continue. Le sol est trempé, partout des inondations. Tel un déluge de 40 jours. De la pluie chaque jour, comme si la nature avait eu besoin de nettoyage.

Nous étions enfermés dans nos maisons, sous nos parapluies, dans nos parkas, derrières nos masques. Hermétiques au vent et à l’eau. Méfiants de tout, de cette nature trop humide, de l’homme et ses microbes, et surtout de la vie elle-même. Murés derrière nos fenêtres à écouter par média les recommandations : vous ne devez plus sortir, vous ne devez plus vous rencontrer, vous ne devez plus vous toucher, vous ne devez plus travailler, vous ne devez plus respirer, vous devez nous écouter, vous devez rester chez vous à regarder la pluie tomber. Chacun coincé dans sa goutte d’eau.

La fin de cette couche nuageuse est bien là. Ce matin au réveil, on en perçoit très bien la délimitation, elle dessine une courbe dans le ciel. Derrière elle, le bleu du ciel, le soleil et la chaleur retrouvés.

par la fenêtre

Ski de fond

La vie ressemble à une piste de ski de fond. On chausse et c’est parti. On commence par chercher son équilibre, puis on avance. Chacun à son rythme. Certains ont des facilités et vont plus vite, tandis que d’autres ont besoin de plus de temps et se traînent davantage. Certains auront un handicap et s’arrêteront sur le côté, d’autres essaieront de dépasser leurs limites.

On suit la piste dans les rails tous tracés. Ne pas trop se retourner, pour ne pas se planter ; ne pas trop regarder le bout de ses skis pour avancer. Regarder devant et suivre son chemin.

Parfois on est obligé de sortir des rails et on se retrouve un temps déstabilisé. Parfois ça grimpe. On doit changer de technique, s’adapter, on fait plus d’effort et on est content d’arriver en haut. Parfois la pente est plus raide en descendant. Si on se raidit trop, si on crispe, si on manque de confiance, si on résiste, si on réfléchit trop, c’est la chute assurée. Cela peut être douloureux, mais on finit le plus souvent par se relever, retrouver son équilibre puis repartir. Se laisser glisser. Se faire confiance, en soi et dans son corps. Lâcher prise.

La vie, c’est comme le ski de fond, un jeu d’équilibre où l’on avance inexorablement.

par la fenêtre

Orages d’été

Les premiers orages de la saison. L’été nous annonce doucement sa fin, et la fin des vacances.

Ce matin, il a éclaté à l’aube. Le meilleur moment pour les orages. Entendre de son lit la pluie tomber. Frémir à la lueur d’un éclair. Compter les secondes pour évaluer la distance. Ecouter le long roulement du tonnerre.

L’orage s’éloigne.

Se lever. Ouvrir la porte fenêtre de la cuisine et se laisser envahir par l’odeur du sable et des pins mouillés. Préparer le petit déjeuner. Mettre l’eau à bouillir. Attraper un fruit à savourer dans l’entrebaillement de la porte fenêtre. Ecouter les dernières gouttes de pluie tomber des arbres. Etre là.