sur le sofa

Et puis après, bah non …

Bon, après mes exploits au morey (bodyboard), je me suis dit, super, facile, allez hop, je passe le cran au-dessus. Pour l’anniversaire d’une copine, on lance le projet fun de faire de la bouée tractée par un bateau, tous ensemble. On fait un groupe soft avec un canapé et une bouée tirés en même temps par le bateau et un groupe sensation avec un canapé et une bouée mais à vitesse accelerée. Bon, bien sûr, faut pas abuser, je fais partie du groupe soft. L’activité dure 20 mn, 20 mn ce n’est rien dans une vie, dans une journée. On met les gilets, on rassure les plus jeunes, on s’installe sur le canapé et la bouée. On a bien précisé soft à notre pilote, une femme, soft, ce qui signifie doux en anglais, doux veut dire pas de souci. Je suis hyperconfiante.

C’est parti. Le bateau commence à nous tirer, on vogue tranquille sur l’eau. Mon mari a juste le temps de dire une petite phrase : « Attendez qu’elle accélère ! » Ah ! Parce qu’elle va accélérer ?

Oh, la vache ! Elle a lancé les turbos. C’est horrible, ça va à une vitesse … J’ouvre à peine les yeux, des remous, des vagues. On est balloté, dans tous les sens, des vaguelettes, des virages. On perd une copine sur la bouée d’à coté. On ralenti pour la récupérer et on repart de plus belle. Je hurle tout ce que je peux. C’est horrible, je ne peux pas descendre. J’essaye de rester calme pour ne pas effrayer les enfants, mais c’est impossible. Ça saute, ça arrose, ça secoue, ça va vite. Ne penser qu’ à deux choses : rester cramponnée sur ce foutu canapé, et que mes enfants s’y cramponnent aussi. Heureusement qu’ on avait dit soft ! Elle sait pas ce que ca veut dire soft ?! Entre deux hurlements, je demande aux enfants si ça va pour eux, et eux me demandent si ça va pour moi. Je hais les vagues, je hais la vitesse, je hais cette pilote qui ne comprend pas le soft, je hais les virages qu’elle prend à toute allure. Marion Cotillard dans Les petits mouchoirs. C’est long 20 mn, c’est très long. Quand une copine tombe à l’eau, et qu’on ralenti pour la repecher, on arrive à faire comprendre au pilote qu’on s’en fout des 20mn et que même si ça ne fait que 15, on veut rentrer. Mon petit loulou commence à pleurer, mon grand n’en peut plus, sur la bouée d’à côté, ils sont épuisés. Plus personne ne rigole, sauf mon mari qui s’amuse, nos bras ne tiennent plus.

On rentre. Plus doucement. Et soudain, le moteur s’arrête, les bouées ralentissent, nos pieds touchent le sable, le sol, l’eau calme, la berge. Plus jamiais, mais plus jamais ça.

Le groupe sensation part après nous. Ils vont morfler.

Mais quel plaisir, après, de se retrouver tous ensemble au bord du lac, à décharger nos sensations. Quelle fierté pour moi de réaliser que tout le monde a eu les pétoches, bon, moi je l’ai un peu plus hurlé que les autres. On en a tous bavé sur ces foutues bouées. Quel plaisir de se retrouver ensemble après, ensemble, c’est tout.

Bon allez, demain, je me mets au paddle.

sur le sofa·tapis du bonheur

Et puis …

Pourquoi aujourd hui ? Est ce les 40°C ? Est-ce la couleur translucide de l’eau ? Est-ce le verre de rosé de ce midi ? Est-ce ces trois petits exercices lus ce matin de Ecoute ton corps (choisir une peur, imaginer sa vie sans elle, et poser une action a fin d’y faire face) ?

J’ai avancé dans l’eau, j’ai regardé mon fils de huit ans sauter les vagues, les traverser de l’intérieur, et faire comme lui, aller plus loin, toujours plus loin. Et puis accepter sans refléchir le bodyboard qu’on m’attachait au poignet, et y aller. Et recommencer encore et encore, à la recherche de la vague toujours plus haute pour surfer et se laisser glisser.

Et rire, rire par dessus les vagues, par dessus l’océan.

Allez, l’année prochaine je me mets au surf 😉

Et vous, quelle peur choisissez vous de surmonter ?

sur le sofa

J’ai peur

Capbreton – juillet 2020

Les pieds dans l’eau, je regarde les vagues de l’Atlantique s’écraser sur le sable. Je n’arrive pas à rentrer dans l’eau plus loin que mes genoux. J’ai peur. Peur qu’une vague plus haute que l’autre ne m’emporte. Peur de boire la tasse. Peur de quoi au fond ? Mais d’où vient cette peur ?

En regardant l’océan, je fais la liste de tout ce qui me térrifie : les vagues, le vide, les ponts, ne pas y arriver, l’inconnu, les pédophiles, les cambriolages, les accidents de la route, les accidents domestiques, être en retard, les serpents, râter un train, râter un avion, les coups de soleil, les blessures, ne pas être aimée, ne pas être acceptée, les arrêtes de poisson, les films d’horreur, les manèges à sensation, perdre un enfant, râter un bon moment, être une mauvaise mère, être jugée, pour ceux que j’aime, mal gérer mon temps… Je me rends compte que j’ai peur tout le temps.

Alors je me protège : la crème solaire, les alarmes, les recommandations, les montres, les emplois du temps, le stress …

Mais d’où viennent ces peurs ? Sur quoi sont-elles fondées ? Combien proviennent d’expériences vécues et combien d’histoires que l’on m’a racontées, de mises en garde, combien proviennent des peurs de générations antérieures qui persistent avec moi ? Combien vais-je en transmettre à mon tour, consciemment ou inconsicemment, aux générations suivantes ?

Les pieds dans l’eau, j »observe les autres : mes amis, mon mari qui n’ont peur de rien. Qui s’élancent dans les vagues. J’envie leur liberté.

Et petit à petit, accepter mes peurs, les comprendre, lâcher prise, les laisser s’en aller…

sur le sofa

De la condition des femmes au petit déjeuner.

Messieurs,

Il vous arrive souvent de vous plaindre de votre femme, de ses humeurs, de son caractère. Voici une petite anecdote pour vous expliquer l’origine de nos humeurs et que tout acte de votre part à une résonance en nous.

Mardi. Deuxième jour de la semaine, deuxième matin, deuxième fois sur deux (je préfère m’arrêter à cette semaine et ne pas remonter plus loin) que Monsieur, levé depuis 6h30, ne me réveille pas à 7h30 comme je le lui avais demandé. Qu’il se rend compte à 8h15 que je ne fais que me lever. En soit, rien de bien grave, c’est le confinement, pas de train à prendre. Vous pourriez me dire : achète-toi un réveil. Eh bien non, puisque c’est précisément Monsieur qui a choisi ce réveil, sans vraiment me concerter; et qu’au quotidien, hors confinement, chaque matin de la semaine, c’est moi qui le réveille, puisque je me lève plus tôt.

Pas de réveil, pas de petit déjeuner prêt sur la table. Nous avons établi dans les règles de la maison, que le premier levé, sort le petit déj. Forcément, dès 8h15, cela fait déjà beaucoup. Que pourrait-il me répondre : qu’il travaille déjà sur son ordinateur, qu’il a une grosse journée aujourd’hui (et hier ?) ? Que vais-je penser ? Que ma journée de travail est moins importante que la sienne ? Qu’il m’a zappée ? Que c’est le rôle de la femme de préparer le petit déjeuner et de s’occuper des enfants ? Ce que je vois alors : un manque de respect de ma personne.

Oui, les femmes deviennent chiantes quand elles se sentent diminuées, mois importantes, invisibles, bonniches. Dans des conditions telles que celle-là, c’est toute la condition de la femme qui se soulève avec moi. Et là dans nos têtes, tout ce qu’on aimerait oublier remonte aussi vite que la colère qui l’accompagne : que cela fait deux mois qu’on se tape la bouffe, les lessives, le ménage, l’école à la maison en plus de notre boulot… Et là forcément, on explose.

Alors Messieurs, avant de dire qu’on vous énerve, si on vous demande de nous réveiller à 7h30, réveillez-nous à 7h30.

hamac aux histoires·sur le sofa

Pour lui

Je me plains tout le temps. C’est comme ça. C’est ma nature. Quand le réveil sonne, je me plains quand mon café est trop chaud, quand il pleut, quand je râte mon métro, dans les bouchons, au feu rouge, quand j’arrive en retard, quand j’ai trop de travail, quand je n’en ai pas assez, après mon patron, quand j’ai oublié d’acheter du pain, dans la file d’attente, à la mauvaise caisse, quand les enfants font trop de bruit, quand ce n’est pas rangé, quand c’est trop cuit, quand je me couche trop tard. Je me plains quand je fais mes bagages, quand le linge traîne, quand le téléphone sonne. Je me plains tout le temps au quotidien, presque sans m’en rendre compte.

Et là, là, confiné depuis une semaine, je pourrais me plaindre de ne pas sortir, de ne pouvoir faire des courses, de tourner en rond, de rester chez moi. Je pourrais me plaindre. Mais je pense à toi, petit bonhomme, confiné chez toi alors que ton père te bat, que ta mère s’efface de peur de s’en prendre une aussi. Confné avec ton bourreau. Plus d’école pour t’échapper, plus de copains pour t’égayer. Confiné avec lui. Comment vas-tu faire ? Comment vas-tu finir ?

Alors pour toi, je range mes plaintes et mes rancoeurs et je souris. Je souris.

sur le sofa

C'est le moment

Est-ce que ça va changer les mentalités des gros patrons, des actionnaires, leur regard sur la rentabilité de l’entreprise par rapport à la valeur de la vie ?

Est-ce que cela va changer le regard de nos dirigeants sur l’hôpital, sur ses besoins ?

Est-ce que cela va changer le regard des parents d’élèves sur les enseignants, leur investissement, leur capacité à s’adapter à tant d’élèves en même temps ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur notre surconsommation, sur nos réels besoins ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur notre vie de famille, la nécessité de la préserver, le besoin de se retrouver ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur nos enfants, leur besoin de bouger, de s’exprimer, de créativité ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur nos vieux, sur l’isolement ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur l’égalité homme- femme, sur le partage des tâches quotidiennes ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur la vie et le respect des besoins de la planète ?

Il faut 21 jours pour changer ses habitudes.

Combien de temps pour changer notre regard ?

sur le sofa

Fast and furious à Montparnasse

Imaginez la petite musique SNCF : Ta-da-da-da

Une vrai furie, avec deux de ses loulous et trois valises ont traversé la gare de Versailles Chantiers ce samedi 27/10. Cette furie, c’était moi.

Samedi 27/10. TGV prévu à Paris-Montparnasse à 11H52. Train prévu à Versailles Chantiers pour Montparnasse à 11H01. 20 minutes de train de banlieue, 30 minutes d’attente. Arrivée prévue à Chantiers à 10H45. 1/4H pour prendre les tickets pour Montparnasse. Quitter l’appartement de ma belle-mère à 10H30. D’après elle, il faut 5 minutes pour aller à Chantiers.  Plan parfait en thérorie …

Arrivée à Chantiers à 10H50 : on met 20 minutes pour traverser Versailles un samedi matin. Bon, en speedant un peu, ça devrait le faire. Regard périphérique rapide. Deux guichets sur quatre qui ne fonctionnenent pas. Trop de monde au guichet automatique restant, direction guichet central. 10H55. A mon tour. Là, l’agent, avec un joli sourire, m’informe que, non, elle ne vend pas de billets, il faut aller au bout de la gare. Impossible. Aucune compassion, ni recherche de solution devant mon désarroi et la panique qui monte. Démerderz-vous. Retour guichet automatique. 10H57. Mon tour au guichet.  Tant pis apour les 30% famille nombreuse. Pas le temps. Billets 10H58. Tourniquets avec deux lous et trois valises. Repérer le quai. Courir dans les escaliers.

Petite musique SNCF Ta-da-da-da. « Le train en direction de Paris-Montparnasse aura un retard d’envirion 10 minutes. Merci pour votre compréhension ». Ta-da-da-da.

Petite musique. Puis un retrad de 15 minutes. Les minutes défilent. L’angoisse qui monte. Dans ma tête le TGV qui s’en va. Un de mes loulous fait le zouave sur le uai pour me détendre, l’autre a déjà avalé ma moitié de son gilet.

11H12. Le train de banlieue entre en gare. Monter dans la voiture de tête. Les loulous, les valises. On est parti. Je rentrerai bien dans la cabine du conducteur pour appuyer sur la pédale d’accélérateur. Montparnasse approche, mais les aiguilles continuent leur course.

11H40. Le train arrive à Montparnasse, par la fenêtre repérer les TGV. Ils seront à droite.

11H43. Ouverture des portes. Descendre, repasser les tourniquets avec les louslous, les trois valises. Vite les panneaux d’affichage. Deux trains affichés à 11H52. Où est le n°8615 ? Voie 6. Courir, aussi vite que possible dans cette foule de gare.

11H46. Voie 6. Scanner les billets à l’entrée du quai. Tourniquets avec les loulous et les valises. Trouver la voiture 18, et le TGV de Brest derrière celui de Saint Malo. Voiture 1, 2, 3….

11H47. Voiture 18. Monter les loulous et les valises.

11H49. Assis places 62, 63, 64.

11H50. Petite musique . TA-d-da-da. Annonce départ imminente du train.

11H52. Départ.

Je n’aurai pas trop d’une semaine de vacances pour m’en remettre.

Même s’il y a peu de chance qu’ils me lisent un jour, j’aimerais remercier le monsieur qui m’a indiquée comment finaliser ma command de ticket à Chantiers, le stress m’empêchant de lire toutes les lignes, la dame au gilet gris qui m’arassurée sur le départ de mon TGV sur le quai de Chantiers, la dame à la valise bleue par ses sourires et le conseil pour faire passer les valises dans les tourniquets à Montparnasse.  Quant à la SNCF : Petite musique. Ta-da-da-da. SNCF, à nous de vous faire préférer … la voiture.