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Le Yes day

Yes Day - film 2021 - AlloCiné

Nous adorons passer nos vendredis soir autour d’une pizza maison et d’un film choisi ensemble. Nos enfants grandissant, nous sommes passés de Bob l’éponge aux films pour préado. C’est ainsi, qu’il y a deux semaines, nous avons regardé le Yes day, film ado américain. Le sujet du film est simple : pendant une journée, les parents doivent dire oui à tout ce que leur proposent leurs enfants. Evidemment, dans le film tout part en cacahuète.

En allumant notre téléviseur ce soir là, nous n’avions pas envisagé que la première chose que les enfants nous diraient une fois le film terminé : « Et si on faisait … un yes day ? »

Ben voyons… Ben voyons …

L’anniversaire de notre deuxième, 12 ans, tombant, encore une fois pendant le confinement, nous avons cherché une journée originale. Nous avons donc accepté ce Yes day. Les enfants étaient fous de joie. Et nous, nous prenions très peu de risques : confinement à 10 km, pas de copains, un dimanche sans magasin, pas de Mickeyland en vue. Un Yes day sous contrôle.

Les enfants avaient établi le programme, des règles pour les parents (1H maximum de téléphone par jour, dire non ou crier signifie une disqualification, si les deux parents sont disqualifiés, les enfants gagnent le droit d’avoir leu propre chaine Youtube), et nous des règles pour les enfants (limite sonore, limite en euros, pas de dégradation, pas plus d’une journée).

Ainsi avons nous passé la journée à faire du vélo, à construire un parking géant pour les petites voitures : garer toutes les voitures de la caisse, et les faire rentrer une à une le soir dans la caisse (il ne manquait que l’odeur du cuir de la voiture et les coup de gueule de mon mari, et on se croyait sur l’autoroute A13, un dimanche soir), à faire un concours de Légos (une réalisation sur le thème des méchants à créer en 30 mn), un concours de danse (je n’ai jamais vu mon mari danser comme ça), manger Mac Do à midi, et des pates carbo le soir, cuisiner un gâteau au chocolat, et finir par une soirée jeux de société.

Nous avons tolérés qu’ils n’aident pas au quotidien de la maison, 2h d’écrans dans la journée, les sauts sur le canapé, les spaghettis avec les doigts, les doubles cheeseburgers, les jeux jusqu’à minuit, l’excitation dans le salon, les disputes où nous n’intervenons pas, le vélo en tee-shirt par 9°C extérieur.

Les avantages :

  • nous avons passé 90% de notre journée avec nos enfants, sans les partager avec nos téléphones, emploi du tems, contraintes. Nous avons été entièrement présents pour eux
  • nous avons découvert que nos enfants sont super raisonnables (trop peut-être)
  • j’ai vu que ma limite première est la fatigue (jouer à 23h à Blanc Manger Coco junior devient difficile) et celle de mon mari est la nourriture (ne pas pouvoir reprendre des pâtes l’a disqualifié)
  • nous avons découvert que si nous ne les rappelons pas tout le temps à l’ordre, ils faisaient les corvées d’eux mêmes : tous les jeux sortis ont été rangés sans rien demander
  • nous avons dû modifier notre façon de parler et transformer nos phrases négatives en phrases interrogatives.
  • nous leur avons donné le pouvoir du oui
  • nous avons passé une excellente journée en famille

Les inconvénients : aucun

Petits conseils pour les parents qui souhaiteraient tenter l’aventure :

  • pour les parents joueurs, regarder le film en famille et sauter dans l’aventure ; pour les plus frileux, regarder le film avant de le montrer aux enfants (il montre la version que nous n’avons pas vécue)
  • commencer un dimanche de confinement
  • faites confiance à vos enfants et amusez-vous

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Un autre regard

Nous aurions dû fêter la journée en famille, autour d’un repas pantagruélique. Nous nous serions retrouvés, nous aurions ouvert le champagne, nous aurions discuté, nous n’aurions plus faim dès l’apéro, nous aurions goûté des mets délicieux, les enfants auraient battu leur record de chocolats ramassés à la chasse aux œufs, il aurait fait beau ….

Nous aurions dû, mais …

Ecouter un concert d’oiseaux à l’aurore

Méditer dans un endroit paisible

Aller chercher les croissants tout chauds du petit déjeuner

Chercher les œufs encore en pyjama

Cuisiner un gâteau avec les enfants

Sentir l’odeur du poulet cuisant dans le four

Ouvrir une bonne bouteille de vin

Faire une sieste sans scrupules ni complexes

Sortir à vélo dans la forêt

Observer la floraison des bourgeons

Découvrir un nouveau chemin

Prendre la plume et dessiner

Prendre soin de son jardin ou de son intérieur

Prendre soin de soi …

Nous aurions dû, et cela ne remplacera pas l’absence des proches, mais ne pas regarder le verre à moitié vide, le remplir de tout ce que le présent peut nous offrir au quotidien.

Tout est une question de regard.

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Retour d’école

"A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'y en a ..." (Renaud, Mistral gagnant)

Venir te chercher à la sortie de l’école. Attendre de voir ta petite tête derrière la porte vitrée. Et tu sors, lentement, traînant ton lourd cartable. Ta petite main toute chaude qui se glisse dans la mienne. Tu me racontes ta journée. Sentir le pain du boulanger. Saluer le fleuriste au fond de sa boutique. Et remonter tranquillement la rue.

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Jour de neige

Tout s'arrête. 
La neige nous invite au calme,  
à ralentir nos gestes, 
à nous recentrer en nous même. 
Accepter de changer son programme. 
Ne pas lutter. 
Se poser.
Méditer devant les flocons virevoltants. 
Vivre la spontanéité du moment. 
Se réjouir de l'excitation des enfants. 
Sortir bottes et gants. 
Aller en nature.
Ecouter le craquement sous ses pas, 
le silence de la forêt, 
laisser des traces, 
avaler les flocons, 
modeler un bonhomme de neige. 
Puis rentrer au chaud ,
partager tartines et chocolats chauds. 
Lire une histoire, 
au coin du feu, 
blottis sous un plaid. 
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L’omelette aux champignons

Retour de marché. Battre les œufs en omelette, y ajouter du persil, assaisonner et réserver. Rincer les girolles, les couper grossièrement. Faire fondre le beurre dans la poêle, ajouter l’ail pressé et le sel. Y faire revenir les girolles et les faire suer. Respirer. S’arrêter un instant. Respirer encore. Se remplit de l’odeur des champignons.

Je n’ai pas dix ans. Un après-midi à la petite cabane de Terreau, dans la Sarthe. Nous passons le jardin avec son vieil arbre tordu, et traversons ce grand fossé qui permet l’accès aux bois. Pourquoi ce fossé m’effraie-t-il tant : par ra profondeur, ou par cette porte ouverte sur l’immense et sombre forêt qu’il représente ? Les adultes nous aident à le franchir. La forêt. Ses allées végétales. Le rayon de soleil à travers la canopée. Les feuilles qui craquent. L’odeur de l’humus. Les couleurs automnales. Le chant d’un oiseau. Les bruissements du feuillage. Ces arbres majestueux qui s’élancent vers le ciel. Au signal de mon oncle, nous quittons l’allée principale pour nous enfoncer dans les sous-bois. Nous posons les paniers et écoutons ses conseils pour trouver les champignons. Les noirs pour les trompettes de la mort, les jaunes pour les girolles, peut-être trouverons-nous des bolet ? Les autres, nous n’y touchons pas. C’est à celui qui en ramassera le plus, qui trouvera le plus gros. Chanceux sera celui qui tombera sur cep. Cette année est une année à champignons. Les paniers garnis, nous faisons demi-tour. Nous repassons l’effroyable fossé. De retour dans la maison de Madou, mon oncle préparera notre cueillette et l’odeur de la cuisson se répandra dans la grande cuisine familiale avec sa cheminée et sa table centrale. . Cousins, oncles et tantes, parents, et Madou se réuniront au dîner autour de ces magnifiques omelettes aux champignons.

Quand l’eau s’est évaporée, ajouter les œufs battus. Cuire à feu doux. Ce ne sera peut-être pas la même recette que celle de mon oncle, ni la même effervescence d’un retour de cueillette, mon fils me réjouira en disant : »C’est trop bon, l’omelette aux girolles. » Les yeux fermés, le sourire aux lèves, je rêve encore à cette immense forêt et cette petite cabane au détour d’un chemin.

PS. Avant de partir en cueillette, respectez les propriétés privées (j’ai mis des années avant de comprendre que ce bois appartenait à ma grand-mère) et aillez une cueillette responsable 😊

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Maison de vacances

J’aime cette maison de vacances, ces quatre murs et ces cinq cloisons. Cette vie minimaliste. Il n’y a rien que l’essentiel : assez de vaisselle, quelques meubles et une déco allégée. C’est si reposant, les pensées peuvent voguer, de l’espace pour évoluer et du temps pour autre chose. Ecrire, méditer, courir, la plage, être vraiment présent pour sa famille.

Que vais-je emporter comme souvenirs de mes vacances ? Un peu de minimalisme ? De l’essentiel ? Des temps de rien dans ma valise ?

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Changer de cap

Météo : il devait pleuvoir toute la journée, et finalement, ce matin, le soleil joue avec les nuages. On se demandait ce que serait cette journée pluvieuse : jeux, peinture, dessin, visite … Le soleil est là.

Enfiler ses baskets, aller courir, puis méditer sur le sable.

Accepter les changements et profiter de chaque instant.

Profiter. Profiter du jour présent. Carpe Diem. Et ne pas quand viendra la vieillesse découvrir que je n’avais pas vécu. Ces citations qui ont et raisonnent encore tant en moi de ce chef d’oeuvre des années 80 Le Cercle des poètes disparus. Cette dernière phrase m’a tant marquée que je me suis attelée à bien remplir ma vie. Trop. Créer des écoles en Afrique, rejoindre des associations, en créer, être femme, mère de famille, instit, directrice d’école, cours de dessin, de yoga, faire et remplir, toujours plus mon emploi du temps. Etre obnubilée à ne perdre aucune seconde de ce temps si précieux qui défile à toute vitesse. Et si à vouloir remplir trop sa vie, on passait à côté ? A côté de l’essentiel ? Qu’emportera-t-on de tout ça ?

Cette année, comme chaque année, j’avais pris mes pinceaux mes carnets, je n’y ai pas touché, ils sont restés au fond de la valise.

Aller sur la plage. Se poser là face à la mer.

Juste faire le vide, le silence. Et si le bonheur, l’essentiel, était dans la contemplation du beau et du rien, dans la simplicité ?

Se poser là, face à la mer. Juste le beau, le vide, le silence.

sur le sofa·tapis du bonheur

Et puis …

Pourquoi aujourd hui ? Est ce les 40°C ? Est-ce la couleur translucide de l’eau ? Est-ce le verre de rosé de ce midi ? Est-ce ces trois petits exercices lus ce matin de Ecoute ton corps (choisir une peur, imaginer sa vie sans elle, et poser une action a fin d’y faire face) ?

J’ai avancé dans l’eau, j’ai regardé mon fils de huit ans sauter les vagues, les traverser de l’intérieur, et faire comme lui, aller plus loin, toujours plus loin. Et puis accepter sans refléchir le bodyboard qu’on m’attachait au poignet, et y aller. Et recommencer encore et encore, à la recherche de la vague toujours plus haute pour surfer et se laisser glisser.

Et rire, rire par dessus les vagues, par dessus l’océan.

Allez, l’année prochaine je me mets au surf 😉

Et vous, quelle peur choisissez vous de surmonter ?

par la fenêtre·tapis du bonheur

L île de Batz

Rien. Rien, il n’y a rien que quelques maisons, le large tout autour, nous deux sur un sentier, le vent dans mes cheveux, la mer à perte de vue, le bleu des agapanthes, l’odeur iodée, un phare dans le lointain, un parfum d’exotisme, une plage de sable blanc, le clapotis de l’eau sur les galets.

Rien. S’arrêter là. Se poser là. Rien que ce sentiment d’infinie liberté.