étagère spirituelle·tapis du bonheur

Changer de cap

Météo : il devait pleuvoir toute la journée, et finalement, ce matin, le soleil joue avec les nuages. On se demandait ce que serait cette journée pluvieuse : jeux, peinture, dessin, visite … Le soleil est là.

Enfiler ses baskets, aller courir, puis méditer sur le sable.

Accepter les changements et profiter de chaque instant.

Profiter. Profiter du jour présent. Carpe Diem. Et ne pas quand viendra la vieillesse découvrir que je n’avais pas vécu. Ces citations qui ont et raisonnent encore tant en moi de ce chef d’oeuvre des années 80 Le Cercle des poètes disparus. Cette dernière phrase m’a tant marquée que je me suis attelée à bien remplir ma vie. Trop. Créer des écoles en Afrique, rejoindre des associations, en créer, être femme, mère de famille, instit, directrice d’école, cours de dessin, de yoga, faire et remplir, toujours plus mon emploi du temps. Etre obnubilée à ne perdre aucune seconde de ce temps si précieux qui défile à toute vitesse. Et si à vouloir remplir trop sa vie, on passait à côté ? A côté de l’essentiel ? Qu’emportera-t-on de tout ça ?

Cette année, comme chaque année, j’avais pris mes pinceaux mes carnets, je n’y ai pas touché, ils sont restés au fond de la valise.

Aller sur la plage. Se poser là face à la mer.

Juste faire le vide, le silence. Et si le bonheur, l’essentiel, était dans la contemplation du beau et du rien, dans la simplicité ?

Se poser là, face à la mer. Juste le beau, le vide, le silence.

par la fenêtre

Orages d’été

Les premiers orages de la saison. L’été nous annonce doucement sa fin, et la fin des vacances.

Ce matin, il a éclaté à l’aube. Le meilleur moment pour les orages. Entendre de son lit la pluie tomber. Frémir à la lueur d’un éclair. Compter les secondes pour évaluer la distance. Ecouter le long roulement du tonnerre.

L’orage s’éloigne.

Se lever. Ouvrir la porte fenêtre de la cuisine et se laisser envahir par l’odeur du sable et des pins mouillés. Préparer le petit déjeuner. Mettre l’eau à bouillir. Attraper un fruit à savourer dans l’entrebaillement de la porte fenêtre. Ecouter les dernières gouttes de pluie tomber des arbres. Etre là.

sur le sofa

Et puis après, bah non …

Bon, après mes exploits au morey (bodyboard), je me suis dit, super, facile, allez hop, je passe le cran au-dessus. Pour l’anniversaire d’une copine, on lance le projet fun de faire de la bouée tractée par un bateau, tous ensemble. On fait un groupe soft avec un canapé et une bouée tirés en même temps par le bateau et un groupe sensation avec un canapé et une bouée mais à vitesse accelerée. Bon, bien sûr, faut pas abuser, je fais partie du groupe soft. L’activité dure 20 mn, 20 mn ce n’est rien dans une vie, dans une journée. On met les gilets, on rassure les plus jeunes, on s’installe sur le canapé et la bouée. On a bien précisé soft à notre pilote, une femme, soft, ce qui signifie doux en anglais, doux veut dire pas de souci. Je suis hyperconfiante.

C’est parti. Le bateau commence à nous tirer, on vogue tranquille sur l’eau. Mon mari a juste le temps de dire une petite phrase : « Attendez qu’elle accélère ! » Ah ! Parce qu’elle va accélérer ?

Oh, la vache ! Elle a lancé les turbos. C’est horrible, ça va à une vitesse … J’ouvre à peine les yeux, des remous, des vagues. On est balloté, dans tous les sens, des vaguelettes, des virages. On perd une copine sur la bouée d’à coté. On ralenti pour la récupérer et on repart de plus belle. Je hurle tout ce que je peux. C’est horrible, je ne peux pas descendre. J’essaye de rester calme pour ne pas effrayer les enfants, mais c’est impossible. Ça saute, ça arrose, ça secoue, ça va vite. Ne penser qu’ à deux choses : rester cramponnée sur ce foutu canapé, et que mes enfants s’y cramponnent aussi. Heureusement qu’ on avait dit soft ! Elle sait pas ce que ca veut dire soft ?! Entre deux hurlements, je demande aux enfants si ça va pour eux, et eux me demandent si ça va pour moi. Je hais les vagues, je hais la vitesse, je hais cette pilote qui ne comprend pas le soft, je hais les virages qu’elle prend à toute allure. Marion Cotillard dans Les petits mouchoirs. C’est long 20 mn, c’est très long. Quand une copine tombe à l’eau, et qu’on ralenti pour la repecher, on arrive à faire comprendre au pilote qu’on s’en fout des 20mn et que même si ça ne fait que 15, on veut rentrer. Mon petit loulou commence à pleurer, mon grand n’en peut plus, sur la bouée d’à côté, ils sont épuisés. Plus personne ne rigole, sauf mon mari qui s’amuse, nos bras ne tiennent plus.

On rentre. Plus doucement. Et soudain, le moteur s’arrête, les bouées ralentissent, nos pieds touchent le sable, le sol, l’eau calme, la berge. Plus jamiais, mais plus jamais ça.

Le groupe sensation part après nous. Ils vont morfler.

Mais quel plaisir, après, de se retrouver tous ensemble au bord du lac, à décharger nos sensations. Quelle fierté pour moi de réaliser que tout le monde a eu les pétoches, bon, moi je l’ai un peu plus hurlé que les autres. On en a tous bavé sur ces foutues bouées. Quel plaisir de se retrouver ensemble après, ensemble, c’est tout.

Bon allez, demain, je me mets au paddle.

sur le sofa·tapis du bonheur

Et puis …

Pourquoi aujourd hui ? Est ce les 40°C ? Est-ce la couleur translucide de l’eau ? Est-ce le verre de rosé de ce midi ? Est-ce ces trois petits exercices lus ce matin de Ecoute ton corps (choisir une peur, imaginer sa vie sans elle, et poser une action a fin d’y faire face) ?

J’ai avancé dans l’eau, j’ai regardé mon fils de huit ans sauter les vagues, les traverser de l’intérieur, et faire comme lui, aller plus loin, toujours plus loin. Et puis accepter sans refléchir le bodyboard qu’on m’attachait au poignet, et y aller. Et recommencer encore et encore, à la recherche de la vague toujours plus haute pour surfer et se laisser glisser.

Et rire, rire par dessus les vagues, par dessus l’océan.

Allez, l’année prochaine je me mets au surf 😉

Et vous, quelle peur choisissez vous de surmonter ?

sur le sofa

J’ai peur

Capbreton – juillet 2020

Les pieds dans l’eau, je regarde les vagues de l’Atlantique s’écraser sur le sable. Je n’arrive pas à rentrer dans l’eau plus loin que mes genoux. J’ai peur. Peur qu’une vague plus haute que l’autre ne m’emporte. Peur de boire la tasse. Peur de quoi au fond ? Mais d’où vient cette peur ?

En regardant l’océan, je fais la liste de tout ce qui me térrifie : les vagues, le vide, les ponts, ne pas y arriver, l’inconnu, les pédophiles, les cambriolages, les accidents de la route, les accidents domestiques, être en retard, les serpents, râter un train, râter un avion, les coups de soleil, les blessures, ne pas être aimée, ne pas être acceptée, les arrêtes de poisson, les films d’horreur, les manèges à sensation, perdre un enfant, râter un bon moment, être une mauvaise mère, être jugée, pour ceux que j’aime, mal gérer mon temps… Je me rends compte que j’ai peur tout le temps.

Alors je me protège : la crème solaire, les alarmes, les recommandations, les montres, les emplois du temps, le stress …

Mais d’où viennent ces peurs ? Sur quoi sont-elles fondées ? Combien proviennent d’expériences vécues et combien d’histoires que l’on m’a racontées, de mises en garde, combien proviennent des peurs de générations antérieures qui persistent avec moi ? Combien vais-je en transmettre à mon tour, consciemment ou inconsicemment, aux générations suivantes ?

Les pieds dans l’eau, j »observe les autres : mes amis, mon mari qui n’ont peur de rien. Qui s’élancent dans les vagues. J’envie leur liberté.

Et petit à petit, accepter mes peurs, les comprendre, lâcher prise, les laisser s’en aller…