hamac aux histoires·sur le sofa

La suite des contes de fée…

Tout le monde connaît les histoires où la princesse a attendu dans son donjon que son chevalier vienne la delivrer. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Heureusement que l’histoire s’arrête là.

La suite, la voilà :

Le prince la délivre,  ils s’installent ensemble dans un petit logement de fortune, et elle, comme c’est une fille, fait des tas de projets.

Les premières années, ils sont super heureux. Ils croquent la vie. Ils ont d’abord un, puis deux, voire trois enfants, parce qu’après ça fait beaucoup. Ils achètent une jolie maison dans une banlieue pas chère. La princesse est alors tellement occupée qu’elle ne peut penser  à rien d’autre qu’aux couches, aux biberons,  aux courses, au ménage, au rendez-vous chez le pédiatre, etc.

Un jour là princesse reprend son travail. Elle bosse toute la jouruée,  va chercher les enfants à l’école, aide aux devoirs, va de rendez-vous en activités périscolaires, range sa maison, pépare le dîner,  les soins, le bain, etc.

Elle se lève  de plus en plus tôt et se couche de plus en plus tard, s’irrite pour un rien, s’agite,  ne se pose jamais. La princesse réalise alors qu’ils sont loin ses rêves où elle imaginait être une maman sereine , élevant ses enfants dans un cadre accueillant. Elle se retrouve à travailler pour payer son crédit immobilier, court toute la journée, crie sur ses enfants et prend des antidépresseurs pour supporter un cade de vie devenu trop stressant.  (À suive)

sur le sofa

L’invisible

Elle arrive, je le sens.

Chez moi quand la zone critique se pointe , c’est quand je ne ressens plus rien, plus d’émotion. C’est le vide total. Anéantissement de tout esprit critique, de toute réflexion. Les autres vont penser qu’on fait la gueule, qu’on est d’humeur taciturne. Ils ne voient pas, ne remarquent pas que la dépression va arriver comme une lame de fond qui va  tout emporter sur son passage et s’installer pour une durée indéterminée.

Alors se raccrocher vite, vite à tout ce qu’on peut trouver : du temps pour se reposer sans scrupule, le soleil, les yeux de son conjoint, les « mamans, je t’aime très fort », les « mamans, je t’aime très fort ».

 

(Pour Gégé,  t’inquiète pas, tout va bien)

sur le sofa

A quoi servent les devoirs à la maison ?

 

 

A rien !

Les enfants qui ont un très bon niveau, ont-ils besoin  de retravailler chez eux ?

Vous me direz alors que cela sert aux enfants qui sont en difficulté. Ils peuvent reprendre des notions non comprises, réviser, s’entraîner.

Si ces enfants-là n’ont pas compris, auront-ils un parent pour les aider ? Dans certains milieux peut-être. S’ils sont en difficulté, seront-ils motivés pour s’entraîner ? Arriveront-ils à faire en 30 minutes tout le travail demandé ? (tous les enseignants de dire que cela ne doit pas dépasser 30 minutes, mettez un réveil, c’est interessant). S’ils ont un parent en soutien, pourront-ils expliquer pourquoi ils n’ont pas compris ? S’ils sont en difficulté, voudront-ils ramener leurs difficultés à la maison ? L’enfant sera-t-il capable de travailler sans l’aide d’un parent ? Le parent, après sa journée de travail, arrivera-t-il à rester zen, souriant et détendu pour aider  son enfant qui ne comprend rien à essayer de mieux comprendre ?

Tous les enseignants de primaire de mes enfants donnent des devoirs écrits, tous les soirs, parfois multipliés par deux pendant les vacances. Il faut quand même rappeler que les devoirs sont interdits depuis 1956 ! Seuls les leçons à apprendre sont tolérées. Le seul devoir qui semblerait intelligent, serait que l’enfant emprunte un live dans la bibliothèque de l’école et lise un peu chaque jour.

A quoi servent les devoirs à la maison ? A ramener des tensions entre parent et enfant, à  accentuer le clivage social, à empêcher l’école d’évoluer vers une autre  façon d’aborder l’apprentissage,  à bloquer l’école dans un système devenu archaïque.

 

sur le sofa

Mercredi de décembre

  • Gratter la voiture (je n’avais pas prévu)
  • Résoudre les conflits d’adultes au boulot (oui mais moi…)
  • Rassurer des inquiétudes des parents d’élèves (oui mais mon enfant…)
  • Rappeler le fournisseur (lui renvoyer un mail il ne peut pas répondre)
  • Rappeler la mairie (sont trompés sur la sortie)
  • Rappeler le CMS (ne répondent pas souvent)
  • Refaire les dossiers AVS (oui mais moi)
  • Faire remarque à une collègue (on ne laisse pas des enfants seuls dans la cour)
  • Gérer conflits et fatigue des élèves (oui mais moi…) et (c’est bientôt Noël)
  • Prendre un rendez-vous chez le coiffeur (je ne ressemble plus à rien)
  • Aider une copine (en galère entre boulot et enfants)
  • Penser à racheter du beurre (y en plus)
  • Penser aux cadeaux de Noël (qui veut quoi, où, quand)
  • Confirmer l’anniversaire du copain (et trouver un cadeau)
  • Réceptionner le colis de la voisine (et gérer la dispute des loulous)
  • S’occuper des enfants : judo, hand (et des copains des enfants)
  • Penser à apporter une boisson pour le goûter du judo (pas temps de faire un gâteau)
  • Penser à la lessive (pour une fois qu j’y pense)
  • Donner le colis à la voisine (penser à la rappeler pour un  apéro)
  • Répondre au téléphone (un commercial)
  • Signer le livret scolaire (et s’inquiéter du futur redoublement)
  • Penser au sèche-linge (réussi à ne pas oublier la lessive)
  • Déballer le sapin (et ramasser les aiguilles)
  • Penser au dîner (tarte aux blettes, ça va râler)
  • Mais surtout appeler les hôpitaux pour des rdv dans des centres de troubles des apprentissages pour mon loulou

Chéri rentre à la maison : « Vous n’avez pas décoré le sapin ? »

sur le sofa

Le rythme des papillons

Quand on a acheté cette maison,  le coup de coeur venait de ses deux arbres à papillons, hauts de 2m, aux branches biscornues, un peu comme moi, tordus mais qui continuent de pousser.

Chaque année, je les entretiens à l’automne et au printemps, je coupe sans trop tailler à chaque fois, un peu plus chaque année, car Chéri ne les aime pas trop touffus, mais en gardant leur côté biscornu.

Il y a 2 ans, la grande branche biscornue a disparu, Il l’a taillée, elle le génaît. Mais je peux comprendre  elle était vraiment biscornue.

Depuis un mois, Il me harcèle chaque week-end pour faire la coupe d’automne. Une question par ci, une petite phrase par là, toujours quand je suis occupée. Le mois de septembre, quand on est mère de famille, n’est pas propre au jardinage. Et puis j’aime tailler les buldeias à mon rythme.

Ce week-end Il a commencé à tailler, prétextant qu’il me relançait sans cesse, mais que je remettais toujours à plus tard.  Il a tout taillé, il ne reste que deux vieux troncs sans feuille, hauts de 50cm. Sans feuille, sans papillon, sans couleur.

Et moi, que dois-je faire avec ses papiers administratifs que je lui demande de ranger depuis 5 ans qu’on vit dans cette maison et qui s’entassent dans un tiroir de l’entrée, un carton au grenier, sur une chaise du salon ? J’attends depuis 5 ans, je relance parfois, je m’énerve à d’autres, mais je respecte son rythme.

Les arbres paraissent morts, les papillons se sont envolés.

Quand verrais-je les bourgeons renaître sur les arbres à papillons ?

 

 

sur le sofa

« Je t aime le lundi… »

J’aime mon mari tous les jours de la semaine sauf le samedi. Ce jour là, tout est prétexte à râler : les devoirs de l’aîné (ente parenthèse  seul jour de la semaine où je lui demande de les faire), le bruit des enfants, les jouets des enfants, les enfants qui jouent dans le jardin, le téléphone qui sonne, se préparer pour sortir…. Le samedi, il devrait  se louer une petite cabane pour aller ronchonner, se coller à son ordinateur, faire son bricolage et jardinage sans que l’on soit dans ses pattes, puis rentrer le soir apaisé.

Et si je me choisissais également un jour pour râler ?  Le mardi ?