« Maman, cette année, Noël, c’est le 25 décembre ! » (Romain, 6 ans)
Plaisir d automne

Éternel bonheur
Aller marcher dans le gris automnal et se faire un chocolat chaud au retour.

De Deauville à la pointe du Cotentin


Lully version année 80’s
Thom, 10 ans, travaille sur Louis XIV, sa cour, ses artistes. Romain, 7 ans, de passer par là : « C’est qui Lully? C’est L’Ulysse 31? »
La maternelle
Maman, tu m’avais dit,
Que la mater ce serait super.
Je me ferais plein de copains
Je f’rai d’la peinture et du dessin.
R : Mais pourquoi y-a tant de bruit ?
Mais pourquoi y-a tant d’enfants ?
Moi j’ n’ai pas envie
D’commencer ma vie en stressant.
Maman t’as oublié,
A quel point c’est un enfer
Viens, je me sens abandonné
Viendras-tu me rechercher ?
R :
La maîtresse, elle est gentille
Mais à 30, que peut-elle faire ?
Elle sourit, me tend la main,
Me propose de jouer au train.
R :
Moi, les enfants, j’les connais pas
J’ai pas envie d’les approcher
Ils crient, ils pleurent, font des colères
Renversent tout, jett’ tout par terre
R :
Maman, t’as dit qu’ce s’rait super
C’est tous les jours la même galère
Y a trop de bruit, y a trop d’enfants
La maternelle, c’est trop violent.
Merveilleux marché d’automne

Quai de gare
J’me sens bizarre à l’intérieur
quand j’te laisse sur l’quai d’la gare
j’ai mal au ventre, j’ai mal au cœur
j’ai le sourire au bord des larmes.
Pour une journée, pour une semaine,
que tu sois seul, avec tes potes,
c’est toujours la même rengaine
cette lame de fond qui, loin, m’emporte.
Tu dois grandir et je le sais
avec confiance et liberté
et je suis fière de te guider
dev’nir adulte et t’envoler.
Mais quand tu prends ta vie en main,
te regarder, te voir partir,
au fond de moi ça me déchire,
l’amour d’une mère pour son gamin.
Meurtre au petit déj
Mais qui a tué Pain au Lait et Pain de Mie ?



Premiers jours en maternelle
Qui ne se souvient pas de sa maternelle. Le coin peinture, les histoires, les copains dans la cour, et la gentille maîtresse aux cheveux longs. Les doux souvenirs qui nous ont fait oublier l’horreur de la réalité.
Car en réalité, les premiers jours en maternelle, c’est l’angoisse totale.
En quelques jours, 31 élèves de 2, 3, 4 ans arrivent dans la classe. 31 élèves qui ont soudainement oublié leur prénom. Le nez coulant et les larmes pleins les joues.
Celui qui hurle car Maman et Papa sont partis. Qui se sent abandonné, là, comme sur une aire d’autoroute. Persuadé qu’ils ne reviendront jamais et qui ne peut entendre les mots rassurants de la maîtresse. Il va pleurer toute la matinée, les jours suivants et la semaine d’après.
Celui qui rentre dans une ritualisation : « Maman est partie, elle va revenir me chercher ? » « Maman est partie, elle va revenir me chercher ? » « Maman est partie, elle va revenir me chercher ? » , et qui va répéter cette phrase toute la journée, et les jours suivants et la semaine d’après.
Celui qui est parfaitement à l’aise et qui va retourner la classe tous les jours suivants jusqu’à ce qu’il comprenne qu’on vit tous ensemble.
Celui qui pleure en silence dans son coin.
Celui qui se fait vomir de chagrin.
Celui qui a sa couche et qu’il faudra changer (eh oui, la couche est dorénavant bienvenue à l’école).
Celui qui n’a pas sa couche mais qui va se faire pipi dessus.
Celui qui veut déjà travailler, et qui va vous demander de l’ aider à écrire son prénom.
Celui qui tape car il refuse de se retrouver parmi les autres enfants, de partager son jouet, car à 3 ans, il ne sait pas encore que le partage fait partie du vivre ensemble.
Celui qui est autiste, mais ce jour-là vous ne le savez pas encore.
Celui qui arrive à jouer calmement, et là vous vous inquiétez car vous vous demandez : « mais comment fait-il ? »
Celui qui ne vous lâchera pas les mains de la semaine. C’est à peine si vous pourrez vous-même aller aux toilettes.
Celui qu’il faut changer car il est déjà trempés après la patouille et la joie d’avoir découvert les robinets des toilettes.
Celui eux qui s’accroche à la poignée de la porte, ou version différente, qui cogne à la porte pour sortir.
Celui qui s’est déjà sauvé dans les couloirs.
Ceux qui s’est déjà perdu dans les couloirs.
Vous multipliez tous les cas de figure (faits vécus à chaque rentrée) par deux et vous avez les 32 élèves.
Et au milieu, la maîtresse et sont ATSEM, qui tentent tant bien que mal et avec la plus grande bienveillance possible de rassurer, expliquer, consoler, aider, changer, nettoyer, ranger, observer …. en restant zen.
30 élèves en maternelle ? Est-ce qu’on peut correctement les accueillir ? Est-ce ainsi que l’on veut faire aimer l’école à nos enfants ? Est-ce bienveillant ? Est tout simplement humain ?











