tapis du bonheur

Confinement : moments de bonheur à partager

Moment à écouter : se faire un bon trip sur votre musique préférée. Idée de morceaux : Balavoine (Vivre ou survivre, Je ne suis pas un héros).

Moment à regarder : les clips de Colplay, toujours magiques, poétiques, colorés.

Moment en famille : cuisiner une pizza maison et se faire un plateau télé en regardant un film choisi ensemble (voir les sites Netflix, filmenfant.net qui donnent toute une liste d’idées et d’âge adapté) : dernièrement Stuart Little, Hook, série Ulysse 31.

Moment dimanche en famille : un whats app groupé, ou Zoom, ou Skype, avec ses frères et sœurs, parents, autour d’un café.

Moment apéro entre potes : un whats app groupé, ou Zoom, ou Skype. Chacun apporte son apéro sur sa table basse. Possibilité de se faire des soirées à thème, déguisées.

Il y a 1000 et une façon de se retrouver, de partager, de s’évader, et de laisser notre esprit sortir de nos murs.

hamac aux histoires·sur le sofa

Pour lui

Je me plains tout le temps. C’est comme ça. C’est ma nature. Quand le réveil sonne, je me plains quand mon café est trop chaud, quand il pleut, quand je râte mon métro, dans les bouchons, au feu rouge, quand j’arrive en retard, quand j’ai trop de travail, quand je n’en ai pas assez, après mon patron, quand j’ai oublié d’acheter du pain, dans la file d’attente, à la mauvaise caisse, quand les enfants font trop de bruit, quand ce n’est pas rangé, quand c’est trop cuit, quand je me couche trop tard. Je me plains quand je fais mes bagages, quand le linge traîne, quand le téléphone sonne. Je me plains tout le temps au quotidien, presque sans m’en rendre compte.

Et là, là, confiné depuis une semaine, je pourrais me plaindre de ne pas sortir, de ne pouvoir faire des courses, de tourner en rond, de rester chez moi. Je pourrais me plaindre. Mais je pense à toi, petit bonhomme, confiné chez toi alors que ton père te bat, que ta mère s’efface de peur de s’en prendre une aussi. Confné avec ton bourreau. Plus d’école pour t’échapper, plus de copains pour t’égayer. Confiné avec lui. Comment vas-tu faire ? Comment vas-tu finir ?

Alors pour toi, je range mes plaintes et mes rancoeurs et je souris. Je souris.

sur le sofa

C'est le moment

Est-ce que ça va changer les mentalités des gros patrons, des actionnaires, leur regard sur la rentabilité de l’entreprise par rapport à la valeur de la vie ?

Est-ce que cela va changer le regard de nos dirigeants sur l’hôpital, sur ses besoins ?

Est-ce que cela va changer le regard des parents d’élèves sur les enseignants, leur investissement, leur capacité à s’adapter à tant d’élèves en même temps ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur notre surconsommation, sur nos réels besoins ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur notre vie de famille, la nécessité de la préserver, le besoin de se retrouver ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur nos enfants, leur besoin de bouger, de s’exprimer, de créativité ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur nos vieux, sur l’isolement ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur l’égalité homme- femme, sur le partage des tâches quotidiennes ?

Est-ce que cela va changer notre regard sur la vie et le respect des besoins de la planète ?

Il faut 21 jours pour changer ses habitudes.

Combien de temps pour changer notre regard ?

coussin poétique

Enfin

C’est le silence. Plus un bruit. Neige-t-il ? Non, par la fenêtre ouverte, le soleil est là. L’air embaume l’arrivée du printemps.

Plus d’avion dans le ciel, plus de train au lointain. Les rues sont désertes de véhicules, de passants. Les rideaux sont baissés.

Les oiseaux, les bourgeons, les abeilles reprennent leurs droits.

Seuls signes de vie, du temps qui passe.

La nature se réveille.

Plus un bruit humain, comme seul au monde.

Et si nous écoutons bien, si nous tendons l’oreille, nous pouvons entendre la terre enfin respirer.

coussin poétique

Comme c'est étrange

Comme c’est étrange de se dire à bientôt plutôt qu’à lundi,

comme c’est étrange de ne pas savoir quand on va se revoir,

comme c’est étrange de ne pas compter les dodos avec ses petits élèves de 4 ans avant de se retrouver,

comme c’est étrange de leur préparer des petits devoirs à faire à la maison,

étrange de faire un métier « humain » et de devoir travailler en ligne,

étrange de vivre un PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté) national,

étrange de voir les magasins se vider, de craindre la pénurie, alors qu’on est les champions de la surconsommation,

étrange de ne rien programmer alors qu’on gère des emplois du temps de ministre,

étrange d’avoir du temps, seul, en famille, avec ses enfants,

étrange d’éteindre le réveil alors qu’on n’est pas en vacances,

étrange de devoir rester chez soi

étrange de vivre dans l’hyper communication et de rester isolé,

étrange de vouloir se réconforter alors qu’on ne peut se toucher,

étrange de voir le printemps arriver alors que le temps s’est arrêté,

étrange de vivre autrement,

étrange de penser autrement.