coin des mamans

Bonne fête, Maman !

La veille, ils m’avaient donné la consigne de rester dans mon lit, de ne surtout pas me lever. Au matin, ils sont arrivés doucement dans ma chambre avec le plateau du petit déjeuner, une pluie de confettis, leurs cartes et leurs fleurs en crépon (préparées avec leur maîtresse que je remercie, surtout cette année). En écoutant le poème de mon plus jeune loulou, en regardant ces œuvres d’art, en voyant leur sourire et l’émotion sur leur visage, la volonté qu’ils ont à me faire plaisir, leur amour et ce message tacite de remerciement d’être leur maman, un sentiment d’amour maternel m’envahit, et je me dis que le plus dur est sûrement derrière nous.

Je n’avais pas ressenti ce sentiment depuis plusieurs semaines. Tellement envahie d’un vide émotionnel. Le confinement s’est bien géré, pas facile quand même avec trois garçons de 8 à 12 ans, avec un enfant souffrant d’un TDA, multidys et hyper angoissé, avec l’école à la maison et un boulot à gérer, avec trois repas par jour et une maison à tenir. Mais nous avions trouvé notre rythme. A partir du 11 mai, par contre, tout s’est enchaîné avec une perte total de contrôle sur le temps : les emplois du temps instables, l’incertitude du lendemain, la pression de la reprise du travail, l’angoisse accrue de mon loulou TDA, la gestion de ses émotions, un mari présent mais absent, et toujours l’école à la maison, un boulot à gérer, trois repas par jour et une maison à tenir. Bref, je suis partie marcher de très, très longues heures dans la forêt, et un mail envoyé par la psychologue de mon travail (merci) m’a fait réaliser que je glissais dans un burn out parental.

Le burn out parental est malheureusement un sujet trop tabou en France. Mais bien présent, et qui touche de nombreuses familles. C’est un lien vers une conférence que la psychologue m’a envoyé et que j’ai regardée, fortement intriguée par le sujet, qui m’a ouvert les yeux.

Vous pouvez trouver cette conférence en cliquant sur le lien suivant :  https://www.youtube.com/user/assoappea

Je sais aujourd’hui que je n’en suis pas à mon premier, que je suis fatiguée depuis de longues années. Depuis combien de temps d’ailleurs suis-en train de vivre en pilotage automatique ? La rupture de mon rythme infernal grâce au covid, et sa reprise dé confinement m’ont confrontée à ma réalité. Qu’est-ce que le burn out parental ? Comment savoir si on est concerné ? Comment tombe-t-on dedans ? Pourquoi ? Comment s’en sortir ? Autant de questions soulevées lors de cette conférence et qui trouvent leurs réponses dans l’ouvrage ci-dessous :

Alors à toutes les mamans qui sont épuisées, à bout de force, qui sont envahies pas le quotidien et qui culpabilisent de ne pas être la maman qu’elle souhaiterait être, je vous invite à regarder la conférence, à aller sur le site de burn-out parental : https://www.burnoutparental.com/s-en-sortir et à investir 20 euros dans ce livre.

Cela vaut aussi pour les papas.

L’amour est au bout du chemin.

Etiquette smiley bisou
hamac aux histoires

Le départ

Ils sont partis hier soir. Je savais qu’ils devraient partir un jour, c’est dans l’ordre des choses de la vie. Je m’y étais préparée, nous en avons beaucoup discuté. C’est le choix de mes enfants et ils sont grands maintenant.

Pourtant, quand ils ont franchi les portes de la maison, j’avais une grosse boule dans le ventre. J’aurais aimé les retenir, les garder encore un peu, vieillir auprès d’eux jusqu’à l’arrivée d’éventuels petits enfants. Mais ma maison est trop petite, je dois libérer les chambres.

C’est en famille que nous avons choisi leur nouvel hébergement. Je sais qu’ils sont attendus ailleurs. Qu’on va bien prendre soin d’eux.

Je les regarde partir avec une certaine émotion. Une page se tourne.

Au-revoir les playmobils et M. Patate.

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Perfection

La fraise parfaite.

Mais qu’est ce qu une fraise parfaite ? Une fraise a-t-elle besoin d’être parfaite ? Se reveille-t-elle de sa graine en se disant : « tiens, aujourd ‘hui je serai la fraise parfaite ? »

Qu’est ce que la perfection ? Qui décide de la perfection ? A-t-on vraiment besoin de perfection ?

hamac aux histoires

Chez Paul

Elle est là, assise face à la mer. Des heures déjà qu’elle se tient dans la même position. Elle n’a pas bougé. Assise à même le sol, contre un rocher, les genoux repliés contre sa poitrine, sa tête reposant dessus. Elle fixe la mer.

J’habite une maisonnette donnant directement sur le chemin des douaniers sur la côte nord bretonne. Ma maison d’un côté du chemin, elle de l’autre, assise entre la mer et moi.

Des heures déjà. Mais pourquoi ? Comment peut-on rester là aussi longtemps ? Qu’est-ce qui pousse une personne à s’arrêter ainsi ? Un défi ? Un stage individualisé de médiation ? N’a-t-elle pas une vie qui l’attend quelque part ?

Le jour décline, elle ne bouge pas.

Je décide de m’approcher doucement. Je ne veux pas l’effrayer.

  • Souhaitez-vous vous abriter chez moi pour la nuit ? J’habite en face. Ça fait des heures que vous êtes assise là. Il est trop tard maintenant pour rentrer à pied. Peut-être souhaitez-vous que je vous raccompagne à Perros Guirec ?

Elle se tourne vers moi et me regarde comme si elle sortait d’un songe, les yeux pleins de larmes, le visage humide.  Elle regarde ma maisonnette, se lève et sans rien dire, me suit. Sans bagage, sans rien que sa tristesse.

  • Ce n’est pas grand, mais vous serez protégée du froid et vous pourrez reprendre votre chemin demain matin.

Pas facile de discuter tout seul. Je lui présente la maison, on en a vite fait le tour, je n’ai qu’une grande pièce, une chambre et une salle de bain attenante.

Puis elle se pose devant la fenêtre et regarde la mer comme si elle ne l’avait pas assez vue pour aujourd’hui. Elle doit avoir la quarantaine, pull, jean, brune, queue de cheval. Elle  marche sûrement depuis un bon moment. Ses baskets sont épuisées.

Elle saisit le mug que je lui apporte et boit la soupe chaude, toujours face à la mer. Toujours en silence. Quelle réponse peut-elle chercher ?

La nuit est là.

Elle s’approche doucement de la cuisine :

  • Merci, murmure-t-elle.

Elle lave son bol dans l’évier. Elle ne souhaite rien d’autre.

  • Vous devez être fatiguée. Je vous ai préparé ma chambre, je vais prendre le canapé. Ne vous méprenez pas, je ne le fais pas par galanterie, pas mon genre, c’est juste que je n’ai pas l’habitude de me coucher si tôt. Vous avez des  couvertures dans le placard si vous avez froid, et je vous ai mis un tee-shirt sur le lit pour la nuit.

Elle me regarde, ses yeux sont verts. Elle me remercie d’un sourire fragile.

  • Au fait, je m’appelle Paul.

Elle ne dira pas son prénom, et comme un fantôme, elle quitte la pièce.

J’ai eu beaucoup de mal à m’endormir, trop de questions tournaient dans ma tête.

Au petit matin, je suis parti chercher du pain frais au village. Quand je suis revenu, la porte de la chambre était ouverte, sur la table du séjour, un mot. Merci.

Et puis plus rien, personne. Que la vie qui continue et reprend son cours.

sur le sofa

De la condition des femmes au petit déjeuner.

Messieurs,

Il vous arrive souvent de vous plaindre de votre femme, de ses humeurs, de son caractère. Voici une petite anecdote pour vous expliquer l’origine de nos humeurs et que tout acte de votre part à une résonance en nous.

Mardi. Deuxième jour de la semaine, deuxième matin, deuxième fois sur deux (je préfère m’arrêter à cette semaine et ne pas remonter plus loin) que Monsieur, levé depuis 6h30, ne me réveille pas à 7h30 comme je le lui avais demandé. Qu’il se rend compte à 8h15 que je ne fais que me lever. En soit, rien de bien grave, c’est le confinement, pas de train à prendre. Vous pourriez me dire : achète-toi un réveil. Eh bien non, puisque c’est précisément Monsieur qui a choisi ce réveil, sans vraiment me concerter; et qu’au quotidien, hors confinement, chaque matin de la semaine, c’est moi qui le réveille, puisque je me lève plus tôt.

Pas de réveil, pas de petit déjeuner prêt sur la table. Nous avons établi dans les règles de la maison, que le premier levé, sort le petit déj. Forcément, dès 8h15, cela fait déjà beaucoup. Que pourrait-il me répondre : qu’il travaille déjà sur son ordinateur, qu’il a une grosse journée aujourd’hui (et hier ?) ? Que vais-je penser ? Que ma journée de travail est moins importante que la sienne ? Qu’il m’a zappée ? Que c’est le rôle de la femme de préparer le petit déjeuner et de s’occuper des enfants ? Ce que je vois alors : un manque de respect de ma personne.

Oui, les femmes deviennent chiantes quand elles se sentent diminuées, mois importantes, invisibles, bonniches. Dans des conditions telles que celle-là, c’est toute la condition de la femme qui se soulève avec moi. Et là dans nos têtes, tout ce qu’on aimerait oublier remonte aussi vite que la colère qui l’accompagne : que cela fait deux mois qu’on se tape la bouffe, les lessives, le ménage, l’école à la maison en plus de notre boulot… Et là forcément, on explose.

Alors Messieurs, avant de dire qu’on vous énerve, si on vous demande de nous réveiller à 7h30, réveillez-nous à 7h30.

étagère spirituelle

C’est bientôt la fin …

C’est la fin demain. Nous allons pouvoir ressortir, chacun petit à petit, en fonction de ses obligations ou de son rythme. Pour ma part, je serais bien restée encore un peu à l’intérieur, je fais partie des gens qui n’ont pas une folle envie de ressortir. Non par crainte du virus.

C’est le début de la fin, et pour aujourd’hui c’est l’heure de faire son bilan :

  • qu’est ce qui m’a vraiment manqué dans ce confinement ? les fêtes et weekend programmés entre famille et amis, le coiffeur, la forêt.
  • qu’est-ce que ce confinement m’a apporté ? de la sérénité, plus d’espace au quotidien en repensant mon aménagement intérieur, en éliminant ma maison du superflus (même si je n’ai eu le temps de faire que les chambres et la cuisine), un autre rythme, du temps pour méditer, lire, écrire, peindre, penser, un autre régime alimentaire, un enrichissement familial intense, un regard plus profond, un respect de la vie, de la planète.

Ce n’est donc pas par crainte du virus que cela va être dur de ressortir, mais parce que j’ai plus acquis que perdu.

Alors comment prolonger ces acquis, cet état dans ce nouveau quotidien qui s’ouvre à moi ?

  • garder une journée off par mois ?
  • changer de travail ?
  • résister au diktat de la surconsommation ?
  • garder du temps pour les miens et ce que j’aime faire ?

Vient à présent le temps de l’adaptation, un nouveau chemin à parcourir : apprendre à vivre avec mon essentiel.

Et pour vous ? Qu’est-ce que ce confinement vous a apporté ?