sur le sofa

Je me choisis

Se retrouver là, 10, 20, 30 ans après. Ils n’ont pas changé. Juste quelques rides. Mais au fond, les mêmes.

30 ans ! ça fait déjà 30 ans. Qu’est-ce que j’ai fait de ces années ? Les 20 dernières sont passées tellement vite. Enfuies.

A quoi ça sert de faire tout ça ? De courir partout ? De vouloir changer le monde en permanence ? De lutter contre soi ? D’essayer de se convaincre que, si, notre place est bien là ? Qu’il faut avancer, évoluer. Et toujours et encore !

Mais au fond, notre place est-elle vraiment là ?Est-on si indispensable que ça ? Où se trouve la limite entre fierté – égo – sacrifice de soi ?

Depuis combien de temps n’ai-je pas écrit, juste pour le plaisir ? Depuis combien de temps je laisse ma maison s’entasser ? Depuis combien de temps fais-je passer mes convictions professionnelles, mes idéaux de monde meilleur avant ceux que j’aime et avant ce que j’aime faire ? Et depuis combien de temps en ai-je conscience, m’en libère le temps d’un été et replonge dedans plus profondément ? Au nom de quoi ? Est-ce si bienveillant de vouloir changer le monde au point de m’oublier moi et ceux qui m’aiment ? Est-ce si utile d’avoir un regard qui porte loin, si loin, que je ne vois plus mes pieds ? Les espoirs et visions d’un monde meilleur sont magnifiques, mais ne devrais-je pas commencer par mon monde meilleur ?

Il me reste quoi ? 10 ? 20 ? 30 ans ? Ai-je envie de continuer comme ça ?

La vie est simplicité : si c’est compliqué, ce n’est pas le chemin.

La vie est beauté : si elle s’enlaidit, change de chemin.

La vie est amour : là où est l’amour, là se trouve ce(ux) que tu aimes, là est le chemin.

(Merci ma Sof pour la chaleureuse soirée d’hier)

sur le sofa

Le château médiéval

Je porte une longue robe et je me balade dans un immense château médiéval. Une tour majestueuse, des escaliers en tout sens, une gigantesque hauteur sous plafond à chaque étage, des murailles imprenables. Et pourtant mon cher château est sur le point de se faire envahir. Les barbares sont à son pied et nous savons bien que nous ne pourrons résister. Que d’un moment à l’autre ils vont envahir notre forteresse.

Nous avons le mot d’ordre de nous cacher. J’irai bien dans ma tour, elle est si haute qu’elle semble être le meilleur endroit, mais une fois dedans impossible de s’échapper, et la solitude engendre la peur. Je suis donc les consignes, je descends en courant deux étages. Dans une pièce en enfilade, très sombre, on m’indique un lit dans lequel me cacher avec une autre jeune fille.

On s’y réfugie. On se cache face à face sous l’épais édredon. On entend déjà les barbares au rez-de-chaussée, monter petit à petit les escaliers. Il y en a un qui entre dans notre chambre. On arrête de respirer. Peut-être poursuivra-t-il son chemin. Mais il vient vers le lit. Il vient de mon côté. Il s’approche. Il grogne. Un orque ou un gobelin. Je n’aurai aucune chance. Il me renifle, il m’a trouvée. Je remets mon âme à Dieu, si c’est la fin, qu’Il m’accueille au plus vite.

Je sens les griffes dans mon cou, des dents sur ma nuque. Mais je ne vais pas me laisser manger comme ça. Je me retourne. J’envoie des coups de poings et des coups de pieds en cascade.

Mais la peau est plus douce que celle d’un orque. Il a une voix que je connais. Je réalise alors en l’espace d’une seconde que je suis en train de frapper mon mari qui dormait à côté de moi. Et qu’on est en 2024. J’éclate de rire, je m’excuse, soulagée. Quel bonheur d’être en 2024.

sur le sofa

Quand ça bugge

Soyons attentifs à nos petits bugs qui nous font sourire, mais qui ne sont pas si anodins que ça. Ils nous témoignent d’un stress, d’une surcharge cognitive, d’une pression qu’il faut relâcher. En voici quelques uns vécus ce mois-ci :

  • un soir de semaine, mon mari rentre me disant qu’on a oublié la réunion orientation 3è-2nde au collège. Je pars dans une réaction de panique disproportionnée, pour m’apercevoir ensuite que la réunion a lieu la semaine suivante …
  • un matin, je me suis préparée deux bols de café pour le petit-déjeuner …
  • cette nuit, je me suis réveillée en sursaut à 4h du matin, persuadée qu’on avait oublié de mettre le réveil. Et effectivement, rien d’affiché. Je le programme, tout heureuse de réparer cet oubli, et me rendors apaisée. Le réveil sonne bien à 6H. Et c’est à cet instant que je me rends compte qu’on est … dimanche …

Ces réactions, ces bugs en disent long sur notre santé mentale. Apprenons à décrocher.

sur le sofa

La vague

ça y est. J’y suis. En haut de la vague.

Face à moi, d’énormes rouleaux, et des creux encore plus profonds.

Une tempête sans précédent, qu’il va falloir affronter.

Il serait pourtant si facile de rester sur le sable , même s’il n’est plus si doux, si chaud qu’autrefois.

Il reste ce rivage sûr.

Le vent s’est levé.

La force de l’eau m’impressionne par sa puissance.

Et pourtant il va falloir plonger.

Aller au fond et remonter.

Réapprendre à nager, seule, face à ce grand tout.

Si je plonge, c’est que je sais que je peux y arriver.

Au loin, sûrement d’autres rivages, d’autres îles, un nouveau monde.

Ma décision est prise depuis longtemps

Il est temps.

Je prends ma respiration,

et je plonge …

sur le sofa

Je me souhaite

La fin des vacances se fait déjà sentir. Pour cette nouvelle année, je me souhaite du calme, beaucoup de douceur, des rires, de l’amour à donner et à recevoir, du temps pour regarder tomber la pluie, pour créer, pour cuisiner, à partager avec mes amis, en famille, avec mon mari et mes enfants, pour les regarder pousser, du temps pour sortir en nature, pour des ateliers d’art-thérapie, pour prendre soin de mon corps.

Et vous, que vous souhaitez-vous ?

sur le sofa·tapis du bonheur

Evolution

Nous sommes en constante évolution. Rien n’est figé, ni notre corps, ni notre cœur, ni notre cerveau. Tout est évolution.

On ne naît pas pessimiste, aigri, colérique, impulsif, dépressif, triste. On le devient à travers nos épreuves, nos croyances, nos peurs, nos limites. On n’est pas une émotion, on se laisse traverser. On n’est pas une façon de penser, on se laisse évoluer.

Nous pouvons apprendre à voir la vie autrement.

Apprendre à se poser.

Apprendre à lâcher prise.

Apprendre à accepter les obstacles.

Apprendre à accepter le regard d’autrui.

Apprendre à parler correctement.

Apprendre à méditer.

Apprendre l’optimisme.

Apprendre à s’adapter.

Apprendre à se laisser guider.

Apprendre à être bienveillant.

Tout peut s’apprendre, à condition d’en avoir la volonté.

Bien sûr, tout cela se travaille, comme un entraînement sportif. On ne se réveille pas un matin en se disant : »Tiens aujourd’hui, je serai la bienveillance même » et réussir à passer sa journée sans crise de colère ou d’impulsivité. Il y aura des chutes et des rechutes, des mauvais mots, des colères, qu’il faudra accepter pour évoluer. On n’arrive pas à méditer 15 minutes une première fois sans tergiverser dans sa tête, tout comme on n’arrive à courir la première fois 1H sans s’arrêter. Mais tout comme le tennis man va travailler son coup droit, on peut travailler ses mots, son regard.

Ne restons pas figé. Nous sommes en constante évolution. Tout est évolution, nous avec. Laissons-nous, permettons-nous d’évoluer.

sur le sofa

Envie d’ailleurs

(attention, ça pique)

Elle vient comme ça. Un matin. Souvent on ne l’a pas vue arriver. Si sournoise, elle se cache. Elle attend son heure. On se réveille, on sent qu’elle est là. Mais déjà, on est trop faible pour la renvoyer bouler. Elle vient nous envelopper comme une chaude couverture. On sait qu’il va falloir lutter de toutes ses forces, aller chercher au plus profond de soi pour résister.

J’en ai fait des nuits blanches, des soirées à l’oublier, les yeux cernés, l’haleine alcoolisée, défoncée. Pour faire comme si. Pour vivre sans elle. J’ai voyagé au bout du monde pour la laisser derrière moi. J’en ai fait des analyses pour comprendre son cheminement. Et j’ai réussi. J’ai trouvé une raison de continuer, une lumière pour avancer les yeux ouverts, qui permet de voir de l’autre côté du mur, sans pour autant le traverser. J’ai vécu un temps ainsi. Mais elle est revenue. Elle revient toujours. Elle reste tapie au plus profond de soi.

Reprendre le combat. Chercher à l’éloigner. Se lever, continuer, se coucher et demain recommencer la théorie des petits pas. Pourquoi moi ?Pourquoi revient-elle ? Pourquoi maintenant ? Est-ce héréditaire ? Mes enfants la rencontreront ils ? M’en parleront ils ? J’ai hésité à en avoir, pour ne pas leur transmettre. Continuer à chercher, à comprendre pourquoi. Analyser. Lutter et la voir partir de nouveau.

Au fur et à mesure des années, j’ai compris qu’il est possible de s’en protéger. J’ai construit mes barrières. Toujours plus hautes, comme une forteresse. Se faire aider. La décortiquer. La déconstruire. Se connaître assez pour devancer son retour, sentir le vent tourner et ralentir son rythme, se reposer, dormir, se bouger aussi, puiser sa force dans la connaissance de soi, rester vigilant, garder l’esprit ouvert. Regarder le passé et être fier des épreuves surmontées, regarder le futur, mais pas trop loin pour ne pas paniquer. Garder près de soi ses victoires, ses espoirs comme un phare. S’entourer. S’appuyer sur une épaule solide. E trouver une raison d’être. Une passion de vie. Un équilibre. Aligner son âme et son corps. Et si elle venait de là finalement ? De ce déséquilibre de l’être et de l’âme ? Construire sa forteresse. Garder une lampe allumée, grimper de temps en temps en haut de la tour pour surveiller l’horizon, et retarder le plus longtemps possible l’envie de suicide.

coin des mamans·sur le sofa

Un autre temps

Je me souviens des déjeuners chez mes grands-parents. Nous arrivions pour 12h30. Un apéro de petits fours et champagne nous attendait au salon. Dire bonjour, retrouver toute la famille. Grands-parents, tantes, oncles et cousins. Tous tirés à quatre épingles, cravate, tailleurs et brushing.

Nous passions à table dans la vaste salle à manger. Notre premier réflexe était de regarder les prénoms inscrits sur les petits pains individuels, posés à droite des verres, pour connaître nos voisins de table. Le patriarche dominait. Cette table dressée au centimètre près pour quinze convives, plus si mes grands-parents recevaient, qui ne faisait que grandir les dernières années avec les pièces rapportées. Une assiette pour chaque plat, trois verres, six couverts, porte-couteau, carafes, décorations de table en fonction des fêtes, serviettes et nappe brodées, porcelaine, cristal et argenterie. Entrée, plat, fromages et dessert, accompagnés des meilleurs vins. Puis le café, servi au salon.

Dis-moi Mamie, comment faisais-tu pour faire tes courses, cuisiner, dresser la table, tout en gardant du temps pour la messe du dimanche matin, nous recevoir avec le sourire ? Dis-moi Mamie, comment faisais-tu pour que tout soit prêt et impeccable, que nous fussions quinze ou plus de vingt, tous assis a à la même table ?

Et moi je cours dès que je reçois six personnes. Je fais les courses entre devoirs et rangement le samedi matin, travaille, puis mon dessert le samedi soir, mon repas le dimanche matin, pas de messe, pas le temps, j’espère qu’Il comprendra. Ma table qui bloque à douze, mon salon et ses huit assises, mes serviettes en papier, et ma vaisselle Ikea. La table dressée en passant l’aspirateur, les apéros juste ce qu’il faut, pour la déco, on verra l’an prochain, je cours pour que que tout soit prêt sans être impeccable, et un sourire de fin de marathon quand la sonnette retentit.

Dis-moi Mamie, comment faisais-tu ?

sur le sofa

Bonne année ! ou Sur les ronces fleurissent les roses.

Youpi ! 2020 est terminée, vive 2021 ! C’est ce qu’on entend de tous les côtés.

Pour une partie de la population, 2020 a été une année extrêmement difficile : maladie, isolement, perte d’emploi, séparation, mort d’un proche. Mais combien sommes-nous à nous plaindre de cette année dite « pourrie », alors que finalement, on s’en est plutôt bien sorti ?

Réorientation professionnelle, prise de conscience de rythmes trop soutenus, (re)découverte d’un hobbit, rencontre profonde avec ses enfants, vacances inédites, réunification du couple ?

Les épreuves bouleversent, dérangent mais nous font toujours avancer et de ce fait 2020 a été une année exceptionnelle. Je voulais rendre « hommage » à cette année décriée.

Prenez 5 minutes. Asseyez-vous où vous voulez : tabouret de cuisine, canapé, lit, sol, ou même appuyez-vous contre le chambranle de la porte fenêtre. Il est temps de se poser un peu pour faire le point sur l’année écoulée.

Respirez et regardez. Balayez les différents domaines de votre vie : conjugal, parental, professionnel, créatif, sportif ….

Mon bilan m’a amenée à la conclusion que sur les ronces fleurissent les roses et me donne envie d’entretenir un nouveau jardin de vie pour ne pas retomber dans la vie d’avant. Pour aller plus loin j’en ai déduit naturellement un fil conducteur, un mantra, pour 2021 : « Simplicité et bienveillance. »

Et vous ? Quel est votre bilan 2020? Quel sera votre mantra 2021 ? Posez-vous 10 minutes…