sur le sofa

Je me souhaite

La fin des vacances se fait déjà sentir. Pour cette nouvelle année, je me souhaite du calme, beaucoup de douceur, des rires, de l’amour à donner et à recevoir, du temps pour regarder tomber la pluie, pour créer, pour cuisiner, à partager avec mes amis, en famille, avec mon mari et mes enfants, pour les regarder pousser, du temps pour sortir en nature, pour des ateliers d’art-thérapie, pour prendre soin de mon corps.

Et vous, que vous souhaitez-vous ?

hamac aux histoires

Trop tard

Il est là, au sol. Il ne bouge presque plus. Forme molle et flasque. Grisâtre. Je le regarde crever doucement. De temps à autre, il m’appelle. Rien. Je ne ferai rien. Je ne bougerai même pas le petit doigt pour lui. Juste ce regard de dédain, de mépris. Il bouge encore, mais pour si peu de temps. Il se meurt. Il s’efface, il disparaîtra. Il est trop tard. J’en ai déjà oublié son nom.

Je continue ma vie. Pas le temps de me retourner, de m’apitoyer sur son sort. J’ai tant à faire. La vie m’appelle de partout, de tout côté. Si je me retourne sur lui, c’est moi qui meurs. Le laisser partir. Ne pas en désirer d’autres. Rester surtout le nez dans le guidon. Ne pas y penser. Mettre ses œillères. Aller de l’avant. Toujours tout droit. Ne pas s’arrêter. C’est si facile de se laisser guider. Vivre ou survivre. Tant pis.

Il est là, au sol. Un dernier regard. Pas besoin que je l’achève. Il va crever tout seul. Il agonise déjà. Mon rêve.

tapis du bonheur

Les grandes vacances

Se réveiller sans réveil 
écrire
 aller courir 
prendre un verre avec un copine
aller voir sa grand-mère
faire du shopping
emmener les enfants au cinéma
aller à pieds au marché
ranger sa maison
étendre la lessive dehors
jardiner
faire un barbecue
cuisiner les légumes d'été
téléphoner à un ami
patauger dans la piscine
dessiner

toutes ses petites choses que le rythme trépidant du quotidien nous enlève
mais surtout

rêver les mots "Grandes vacances" comme un enfant
faire le vide de stress et de fatigue
oublier le trop plein de l'année
rêver à ce que sera l'été

et faire sa valiser et partir



coin des mamans

Trouver sa force

Jeudi – 8h30 – lycée professionnel.

Le laisser aller seul à son entretien de Passpro, parce que, malgré sa volonté, il n’aura peut-être pas les compétences pour aller en seconde générale. Chercher un plan B. Un bac pro motivant, mais sur entretien, parce que là aussi les places sont chères. Prendre le train tôt le matin. 8h30. Un couloir rempli de jeunes venus seuls ou accompagnés d’un parent.

Une porte s’ouvre. Un professeur l’appelle. Le laisser rentrer seul. Ne plus le porter. Rester dans le couloir pour la première fois, et le laisser défendre sa vie.

Je n’ai jamais eu peur pour moi. Je me suis toujours débrouillée, j’ai trouvé mes forces, et suis allée au bout du monde au mérite de celles-ci. Mais pour lui, pour mes enfants, attendre derrière cette porte, dans un couloir, au milieu d’autres parents, se sentir impuissante. J’aimerais lui donner toute ma force.

Et puis, laisser faire la vie comme pour moi. Faire confiance, lui faire confiance.

La porte s’ouvre. Son sourire, fier. Convaincant ou pas, n’est pas la question. Fier parce qu’il l’a fait tout seul. Il a dû s’affirmer seul. Et c’est là, exactement là, dans ces moments de confrontation avec lui-même, que lui aussi trouvera sa force.

tapis du bonheur

Toi + moi

(A lire, en écoutant la chanson de Grégoire Toi + moi)

Décrocher un tableau – mettre les chaussures en carton – ranger une pile de bouquins – cette même vue par la fenêtre, avec la forêt au fond – enlever du mur les dessins d’enfants.

Déménager, ne serait-ce que de chambre, tout en restant dans la même maison. S’accorder un instant de pause. Laisser remonter.

Ces fêtes des mères au lit, les chuchotis dans l’escalier, et le plateau plein de cœurs et de poésies – ces mêmes réveils matins à tes côtés – nos photos sur le mur – ces rideaux choisis ensemble et jamais raccourcis – ces larmes sur l’oreiller – ces chaussures jamais portées qui font mal aux pieds – ces histoires du soir à 4 allongés sur le lit – ces envies de tout plaquer auxquelles on a résistées – ces cravates inutiles au fond du placard – les costumes trop petits – la peinture refaite deux fois – l’escalade sur les étagères – ces temps d’amour partagés – ces câlins à 5 dans le grand lit – vos batailles – ma robe de mariée – ces temps de déprime à rester au lit, se relever et repartir – ces levers de soleil par la fenêtre – la pêche aux doudous – les cadeaux sous l’oreiller – ce coup de téléphone trop dur à l’aube d’un matin de janvier car il est parti – ces moustiques que tu as combattus tel un gladiateur – le gros Nunune qui prend tout la place – les regarder par la fenêtre partir seuls au collège – t’attendre en faisant semblant de dormir quand tu rentres tard le soir – ces bonjours aux voisins – ce pull de grossesse que je n’arrive pas à jeter – mes tenues et mes claquettes africaines toujours là, témoignage d’un temps inoubliable – et cette poussière accumulée en haut des placards.

Ces 10 ans d’amour – ces 10 ans – être toujours là, avec toi, avec eux qui grandissent si vite et qui se tournent déjà vers l’après.

Changer de chambre, uniquement. Monter d’un étage. Mais prendre le temps de regarder nos 10 ans.

Je ne regrette pas un seul jour.

Alors Merci pour tous ces moments.

Et pour les 10 prochaines années, je redemande la même chose. Avec toi, avec eux. Avec autant d’amour.