tapis du bonheur

Arrêt sur image

J’aime les regarder courir sur la plage en ce soir d’été. A jouer à des jeux qui n’existent que pour eux. Rien d’autre ne compte alors à leurs yeux que cet instant d’insouciance, ces moments magiques qu’on attrape et qu’on met au fond de son cœur pour les soirées d’hiver.

Mes garçons, 15, 14 et 11 ans. Ont-ils conscience que la fin de l’enfance est là ? Devant eux ? Pas ce soir. Pas maintenant. Un jour. Mais un jour n’existe pas encore. Seul maintenant est.

S’arrêter sur ce soir d’été. Mettre la machine sur pause.

Ils auront toujours 11, 14 et 15 ans. On ne sera jamais vieux.

S’arrêter sur ce moment où tout le monde va bien, est heureux. Sans contrainte. Libres dans sa tête.

Vouloir que ce moment s’éternise.

Le respirer.

Et demander qu’il en soit toujours ainsi, pour chacun d’entre nous : bonheur, santé, abondance, sérénité, amour, joie.

sur le sofa

Je me souhaite

La fin des vacances se fait déjà sentir. Pour cette nouvelle année, je me souhaite du calme, beaucoup de douceur, des rires, de l’amour à donner et à recevoir, du temps pour regarder tomber la pluie, pour créer, pour cuisiner, à partager avec mes amis, en famille, avec mon mari et mes enfants, pour les regarder pousser, du temps pour sortir en nature, pour des ateliers d’art-thérapie, pour prendre soin de mon corps.

Et vous, que vous souhaitez-vous ?

hamac aux histoires

Trop tard

Il est là, au sol. Il ne bouge presque plus. Forme molle et flasque. Grisâtre. Je le regarde crever doucement. De temps à autre, il m’appelle. Rien. Je ne ferai rien. Je ne bougerai même pas le petit doigt pour lui. Juste ce regard de dédain, de mépris. Il bouge encore, mais pour si peu de temps. Il se meurt. Il s’efface, il disparaîtra. Il est trop tard. J’en ai déjà oublié son nom.

Je continue ma vie. Pas le temps de me retourner, de m’apitoyer sur son sort. J’ai tant à faire. La vie m’appelle de partout, de tout côté. Si je me retourne sur lui, c’est moi qui meurs. Le laisser partir. Ne pas en désirer d’autres. Rester surtout le nez dans le guidon. Ne pas y penser. Mettre ses œillères. Aller de l’avant. Toujours tout droit. Ne pas s’arrêter. C’est si facile de se laisser guider. Vivre ou survivre. Tant pis.

Il est là, au sol. Un dernier regard. Pas besoin que je l’achève. Il va crever tout seul. Il agonise déjà. Mon rêve.

tapis du bonheur

Les grandes vacances

Se réveiller sans réveil 
écrire
 aller courir 
prendre un verre avec un copine
aller voir sa grand-mère
faire du shopping
emmener les enfants au cinéma
aller à pieds au marché
ranger sa maison
étendre la lessive dehors
jardiner
faire un barbecue
cuisiner les légumes d'été
téléphoner à un ami
patauger dans la piscine
dessiner

toutes ses petites choses que le rythme trépidant du quotidien nous enlève
mais surtout

rêver les mots "Grandes vacances" comme un enfant
faire le vide de stress et de fatigue
oublier le trop plein de l'année
rêver à ce que sera l'été

et faire sa valiser et partir



coin des mamans

Trouver sa force

Jeudi – 8h30 – lycée professionnel.

Le laisser aller seul à son entretien de Passpro, parce que, malgré sa volonté, il n’aura peut-être pas les compétences pour aller en seconde générale. Chercher un plan B. Un bac pro motivant, mais sur entretien, parce que là aussi les places sont chères. Prendre le train tôt le matin. 8h30. Un couloir rempli de jeunes venus seuls ou accompagnés d’un parent.

Une porte s’ouvre. Un professeur l’appelle. Le laisser rentrer seul. Ne plus le porter. Rester dans le couloir pour la première fois, et le laisser défendre sa vie.

Je n’ai jamais eu peur pour moi. Je me suis toujours débrouillée, j’ai trouvé mes forces, et suis allée au bout du monde au mérite de celles-ci. Mais pour lui, pour mes enfants, attendre derrière cette porte, dans un couloir, au milieu d’autres parents, se sentir impuissante. J’aimerais lui donner toute ma force.

Et puis, laisser faire la vie comme pour moi. Faire confiance, lui faire confiance.

La porte s’ouvre. Son sourire, fier. Convaincant ou pas, n’est pas la question. Fier parce qu’il l’a fait tout seul. Il a dû s’affirmer seul. Et c’est là, exactement là, dans ces moments de confrontation avec lui-même, que lui aussi trouvera sa force.