sur le sofa

Le château médiéval

Je porte une longue robe et je me balade dans un immense château médiéval. Une tour majestueuse, des escaliers en tout sens, une gigantesque hauteur sous plafond à chaque étage, des murailles imprenables. Et pourtant mon cher château est sur le point de se faire envahir. Les barbares sont à son pied et nous savons bien que nous ne pourrons résister. Que d’un moment à l’autre ils vont envahir notre forteresse.

Nous avons le mot d’ordre de nous cacher. J’irai bien dans ma tour, elle est si haute qu’elle semble être le meilleur endroit, mais une fois dedans impossible de s’échapper, et la solitude engendre la peur. Je suis donc les consignes, je descends en courant deux étages. Dans une pièce en enfilade, très sombre, on m’indique un lit dans lequel me cacher avec une autre jeune fille.

On s’y réfugie. On se cache face à face sous l’épais édredon. On entend déjà les barbares au rez-de-chaussée, monter petit à petit les escaliers. Il y en a un qui entre dans notre chambre. On arrête de respirer. Peut-être poursuivra-t-il son chemin. Mais il vient vers le lit. Il vient de mon côté. Il s’approche. Il grogne. Un orque ou un gobelin. Je n’aurai aucune chance. Il me renifle, il m’a trouvée. Je remets mon âme à Dieu, si c’est la fin, qu’Il m’accueille au plus vite.

Je sens les griffes dans mon cou, des dents sur ma nuque. Mais je ne vais pas me laisser manger comme ça. Je me retourne. J’envoie des coups de poings et des coups de pieds en cascade.

Mais la peau est plus douce que celle d’un orque. Il a une voix que je connais. Je réalise alors en l’espace d’une seconde que je suis en train de frapper mon mari qui dormait à côté de moi. Et qu’on est en 2024. J’éclate de rire, je m’excuse, soulagée. Quel bonheur d’être en 2024.

par la fenêtre

Le premier pas

Me voilà au pied de la montagne. Je sais que je dois grimper là-haut. C’est une évidence, je veux y aller. La vue sera magnifique.

J’ai tout préparé : mon sac, ma tenue, chaussures, casquette, crème solaire, pique-nique, gourde d’eau, trousse à pharmacie poncho, et surtout mon plan. Tout est prêt. Et je suis là, au pied du massif.

C’est énorme vu d’en bas. C’est tellement haut. Comment faire ? Par où commencer ? Et si je manquais d’eau ? Et si je tombe ? Si je me perds ? Est-ce si utile, au fond, d’aller là-haut ? Cette ascension est sûrement exceptionnelle, mais en ai-je encore la force ? Le courage ? Et je sais que si je recule encore, il sera trop tard.

Au pied des hauteurs, je cherche l’accès le plus facile par lequel commencer. Mais je perds du temps. Peut-être qu’il n’y en a pas. Peut-être qu’il suffit juste de se décider et de commencer, de prendre un chemin et de se laisser guider. Je regarde la montagne. Je ferme les yeux. Mon baromètre intérieur me dit « oui ». Quand j’ouvre les yeux, je vois un petit panneau indiquant un passage.

Je pose le premier pas.

tapis du bonheur

Ma vie en slow

Ma chère Marion

Dans ton dernier message, tu me demandes comment je vais.

Comment te dire ?

Lever sans réveil,

Méditer au soleil,

Courir 30 minutes,

Piquer une tête dans la mer,

Ecrire,

Aller au marché,

Manger des salades,

Lire,

Regarder mes enfants s’éclater dans les vagues,

Nager,

Prendre l’apéro,

Dîner en terrasse,

Marcher,

Et demain, recommencer …

Le bonheur 🙂

Profite bien de ta petite famille,

Je t’embrasse bien fort.

PS : ci-dessus la vue de ma chambre

tapis du bonheur

Enfin, la mer

Je voudrais partir, jusqu'à la mer
M'allonger sur le sable, prendre un  peu l'air
Sentir les embruns, rester encore
Rester jusqu'à, ensaler le corps.
(...)

Cette chanson de Guillaume Grand entendue si souvent sur les ondes dans ma voiture en allant au travail.

Et se dira là, tout de suite, maintenant, ça y est, j’y suis.

Enfin, la mer.

tapis du bonheur

Merci

Lundi 08 juillet

Seule devant mon café, les mots me manquent. Sur la table, quelques restes du week-end : plateau de charcuterie et plateau de fromages, un bocal de petits mots doux. Ce week-end, passé tellement vite, déjà fini, si simple et si magique à la fois.

Parfois on hésite à se créer ces instants de bonheur : tiens on se ferait bien une journée à Auvers sur Oise, aller voir une expo, on pourrait se faire un petit week-end, un dîner entre amis, une soirée ciné, un coup de téléphone à un vieux pote. On hésite, on ne prend pas le temps, il y a toujours « les priorités », les « il faut que » et les « plus tard », « c’est trop cher », « pas le temps », les « je sais pas faire ».

Et parfois on se lance : « Allez, on organise un week-end pour notre passage de dizaine ? » Et laisser la magie opérer : ce cadre, ce gîte si particulier, 10 ans après, où tout le monde pourra dormir sans prendre la voiture (et heureusement), les arrivées décalées, les retrouvailles, des photos sur des portes, une salade de fruits géante, le match de foot, les petits plats de chacun, la soupe champenoise (attention, avec modération !), un petit tour dans la piscine, un mini caddie dans un supermarché, un chaudron de pâtes sauce carbo inédite, nos discussions, le soleil, l’entente de tous, des ados autonomes, la visite d’un château, les « qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? », mon mari si paisible, des fours qui buggent, une plancha qui n’en finit pas, un cadre photo, un bocal de mots doux, une urne dans une caisse de vin, un reportage vidéo qui ramène à loin, mon mari qui danse, et danser, danser jusqu’à pas d’heure, un débat philo nocturne, aller chercher le pain à 20 km, un brin de fatigue, les « y-a plus de café », couper du blé, un brunch, deux pages de livres exceptionnelles, une photo de groupe moins un, la simplicité de tous et l’intelligence collective, des petits coups de klaxon et des mains qui s’agitent, un groupe Whats app, votre humour et tous vos sourires.

Réunissez tous vos amis dans un cadre à votre image, comme si vous rassembliez chaque pièce d’or dans un joli coffre, et vous aurez le plus beau des trésors.

Ces instants magiques que la vie vous souffle, n’hésitez pas, écoutez-les et vivez-les.

par la fenêtre·tapis du bonheur

Soleil

Dimanche.

Premier matin où le soleil est là depuis des semaines. Six semaines sans lui au réveil, c’est long. Moi qui aime tant guetter son premier rayon. Ce matin, il était là avant moi.

Ouvrir grand, très grand, les fenêtres, l’inviter partout dans chaque recoin de la maison.

Sentir sa chaleur nous caresser la peau, et toutes les odeurs qu’il amène, ces odeurs d’été, de vacances, de bien être.

Sentir cette douceur qui s’infiltre partout, dans chaque pièce, au plus profond de nous.

Et cette lumière qui nous illumine, ces couleurs qui se ravivent, ce bleu infini.

Sentir cette joie nous inonder.

A tous, je souhaite une merveilleuse journée ensoleillée d’amour, de paix, de sérénité. On en a tous tant besoin.

tapis du bonheur

La valise à bonheurs

J'emporte dans mes bagages 
l'odeur de la mer,
le bruit des vagues,
le soleil sur ma peau,
les rires des enfants,
des sourires sur les visages,
des larmes d'émotions
les chiffres 5 et 0,
un ciel sans nuage,
le manque des absents,
les voix des présents,
une soirée aux urgences,
des cadeaux merveilleux,
des papilles assouvies,
des temps de partages,
des recettes de cuisine,
des retrouvailles
le vœu de remettre ça rapidement,
ici ou ailleurs,
l'engouement des préparatifs,
le besoin de garder ces liens,
qui disent que quoiqu'il arrive, nous sommes toujours là,
les conseils des anciens,
l'insouciance des plus jeunes,
les kilomètres de chacun,
mais surtout,
ce que j'emporte dans mes bagages,
c'est le bonheur d'être tous ensemble.

par la fenêtre

Dans mon jardin

C’est bon. Maintenant mon jardin est bien fleuri.

Tu es fatiguée. Tu le ressens. Mais tu es fière aussi.

Quel chemin parcouru depuis la plantation de la première graine !

Tu as défriché, tu as semé, arrosé, cherché à créer des espaces aux milles couleurs, milles parfums.

Des jardins dans un même jardin. Certains plus anglais, plus à la française, plus japonisants, plus naturels, plus exotiques. Regarde-le ce merveilleux jardin. Regarde toutes ces fleurs, profite de chacune, respire chaque parfum, observe leurs couleurs, leur beauté,

Ne cherche pas à planter davantage pour le moment, tu n’y verrais plus rien, tu t’y perdrais. Et ton jardin fanerait parcelle après parcelle.  

Arrête-toi pour arroser, enlever les fleurs fanées, désherber les allées, tailler les massifs.

Prends le temps d’observer tout ce que tu as semé, d’entretenir, de regarder pousser chaque plantation, chaque carré, de faire fructifier chacun de tes plants, et de te recueillir sous l’ombrage des feuillages.