« T’es née dans les années 1940, Maman ? (Thomas, 9 ans)
Papoti dans la classe
Un matin printanier dans la classe. Ce matin, ils n’ont pas vraiment envie de m’écouter. Je leur présente un nouveau livre à « l’heure de l’histoire », mais ils ne sont pas dedans. Il y a des matins comme ça, ça arrive. Alors plutôt que de crier, je me mets à les écouter. Je laisse traîner mes oreilles dans leurs conversations d’enfants. Je m’arrête sur Nourredine et Manuella, assis au sol du coin regroupement, tous deux très concentrés sur leurs aventures :
« Moi, ma maman, elle est méchante, dit Manuella.
- Elle est méchante ta maman ? demande Nourredine
- Oui, elle est méchante parce qu’elle tape fort.
- Moi aussi ma maman, elle est méchante, elle tape fort.
- Des fois elle tape fort, des fois elle tape pas fort.
- Et ben moi, mon papa, des fois, il tape avec la c…. »
Et le mot chuchoté s’éteint dans le brouhaha. Pas étonnant que mon histoire sur les arbres ne les intéresse pas ce matin.
Des familles que je vais devoir prendre en RDV, pour leur raconter, leur expliquer, leur conseiller de lire les quelques livres que nous avons sur la parentalité. Les liront-ils ? M’accuseront-ils de me mêler de ce qui ne me regarde pas, que dans leur culture c’est comme ça ? Que leur enfant le mérite bien ? Les enfants se feront ils gronder ou taper pour avoir parlé à l’école ?
Si seulement j’avais une loi claire interdisant tout geste de violence éducative sur laquelle m’appuyer pour protéger mes petits élèves de 3 et 4 ans.
C est le printemps !

Si tu le dis
« La pomme n’a pas d’espoir. » Romain 6 ans, en prenant une clémentine.
Bonne nuit
« Je vais dormir comme une une limace. » Clément 10 ans.
Bien sûr
Thomas, un mercredi après-midi bien rempli : « tu me fais une chasse au trésor, Maman ? »
C’est l’heure de l’histoire

Un poète
Thomas, 9 ans : « On ne peut pas imaginer le pouvoir de la nature. Tout revient dans l’ordre après un hiver glacial. »
A savourer
Petite phrase de Thomas en l’accompagnant au sport : « T’es géniale, Maman. »
Temps magique du vendredi soir
Cet instant magique du vendredi soir, quand je rentre tard et que j’ouvre la porte de la maison : les odeurs de la pizza maison qui chauffe dans le four m’accueillent dès la porte d’entrée, les enfants sont douchés et regardent leurs dessins animés, un apéro m’attend sur le plan de travail ; on le sirotera en se racontant nos dossiers interminables, puis suivra un plateau télé en dégustant nos pizzas, un film choisi tous les cinq.
Pour rien au monde, à cet instant, je n’aimerais me trouver ailleurs.
