Pour rassurer son enfant, en maternelle, il prend son doudou, mais en élémentaire, c est plus compliqué d’apporter sa peluche. Alors dessinez un petit coeur en haut de son cahier de brouillon ou agenda, ou dans la trousse.❤.
J’aime cette maison de vacances, ces quatre murs et ces cinq cloisons. Cette vie minimaliste. Il n’y a rien que l’essentiel : assez de vaisselle, quelques meubles et une déco allégée. C’est si reposant, les pensées peuvent voguer, de l’espace pour évoluer et du temps pour autre chose. Ecrire, méditer, courir, la plage, être vraiment présent pour sa famille.
Que vais-je emporter comme souvenirs de mes vacances ? Un peu de minimalisme ? De l’essentiel ? Des temps de rien dans ma valise ?
Météo : il devait pleuvoir toute la journée, et finalement, ce matin, le soleil joue avec les nuages. On se demandait ce que serait cette journée pluvieuse : jeux, peinture, dessin, visite … Le soleil est là.
Enfiler ses baskets, aller courir, puis méditer sur le sable.
Accepter les changements et profiter de chaque instant.
Profiter. Profiter du jour présent. Carpe Diem. Et ne pas quand viendra la vieillesse découvrir que je n’avais pas vécu. Ces citations qui ont et raisonnent encore tant en moi de ce chef d’oeuvre des années 80 Le Cercle des poètes disparus. Cette dernière phrase m’a tant marquée que je me suis attelée à bien remplir ma vie. Trop. Créer des écoles en Afrique, rejoindre des associations, en créer, être femme, mère de famille, instit, directrice d’école, cours de dessin, de yoga, faire et remplir, toujours plus mon emploi du temps. Etre obnubilée à ne perdre aucune seconde de ce temps si précieux qui défile à toute vitesse. Et si à vouloir remplir trop sa vie, on passait à côté ? A côté de l’essentiel ? Qu’emportera-t-on de tout ça ?
Cette année, comme chaque année, j’avais pris mes pinceaux mes carnets, je n’y ai pas touché, ils sont restés au fond de la valise.
Aller sur la plage. Se poser là face à la mer.
Juste faire le vide, le silence. Et si le bonheur, l’essentiel, était dans la contemplation du beau et du rien, dans la simplicité ?
Se poser là, face à la mer. Juste le beau, le vide, le silence.
Les premiers orages de la saison. L’été nous annonce doucement sa fin, et la fin des vacances.
Ce matin, il a éclaté à l’aube. Le meilleur moment pour les orages. Entendre de son lit la pluie tomber. Frémir à la lueur d’un éclair. Compter les secondes pour évaluer la distance. Ecouter le long roulement du tonnerre.
L’orage s’éloigne.
Se lever. Ouvrir la porte fenêtre de la cuisine et se laisser envahir par l’odeur du sable et des pins mouillés. Préparer le petit déjeuner. Mettre l’eau à bouillir. Attraper un fruit à savourer dans l’entrebaillement de la porte fenêtre. Ecouter les dernières gouttes de pluie tomber des arbres. Etre là.
Bon, après mes exploits au morey (bodyboard), je me suis dit, super, facile, allez hop, je passe le cran au-dessus. Pour l’anniversaire d’une copine, on lance le projet fun de faire de la bouée tractée par un bateau, tous ensemble. On fait un groupe soft avec un canapé et une bouée tirés en même temps par le bateau et un groupe sensation avec un canapé et une bouée mais à vitesse accelerée. Bon, bien sûr, faut pas abuser, je fais partie du groupe soft. L’activité dure 20 mn, 20 mn ce n’est rien dans une vie, dans une journée. On met les gilets, on rassure les plus jeunes, on s’installe sur le canapé et la bouée. On a bien précisé soft à notre pilote, une femme, soft, ce qui signifie doux en anglais, doux veut dire pas de souci. Je suis hyperconfiante.
C’est parti. Le bateau commence à nous tirer, on vogue tranquille sur l’eau. Mon mari a juste le temps de dire une petite phrase : « Attendez qu’elle accélère ! » Ah ! Parce qu’elle va accélérer ?
Oh, la vache ! Elle a lancé les turbos. C’est horrible, ça va à une vitesse … J’ouvre à peine les yeux, des remous, des vagues. On est balloté, dans tous les sens, des vaguelettes, des virages. On perd une copine sur la bouée d’à coté. On ralenti pour la récupérer et on repart de plus belle. Je hurle tout ce que je peux. C’est horrible, je ne peux pas descendre. J’essaye de rester calme pour ne pas effrayer les enfants, mais c’est impossible. Ça saute, ça arrose, ça secoue, ça va vite. Ne penser qu’ à deux choses : rester cramponnée sur ce foutu canapé, et que mes enfants s’y cramponnent aussi. Heureusement qu’ on avait dit soft ! Elle sait pas ce que ca veut dire soft ?! Entre deux hurlements, je demande aux enfants si ça va pour eux, et eux me demandent si ça va pour moi. Je hais les vagues, je hais la vitesse, je hais cette pilote qui ne comprend pas le soft, je hais les virages qu’elle prend à toute allure. Marion Cotillard dans Les petits mouchoirs. C’est long 20 mn, c’est très long. Quand une copine tombe à l’eau, et qu’on ralenti pour la repecher, on arrive à faire comprendre au pilote qu’on s’en fout des 20mn et que même si ça ne fait que 15, on veut rentrer. Mon petit loulou commence à pleurer, mon grand n’en peut plus, sur la bouée d’à côté, ils sont épuisés. Plus personne ne rigole, sauf mon mari qui s’amuse, nos bras ne tiennent plus.
On rentre. Plus doucement. Et soudain, le moteur s’arrête, les bouées ralentissent, nos pieds touchent le sable, le sol, l’eau calme, la berge. Plus jamiais, mais plus jamais ça.
Le groupe sensation part après nous. Ils vont morfler.
Mais quel plaisir, après, de se retrouver tous ensemble au bord du lac, à décharger nos sensations. Quelle fierté pour moi de réaliser que tout le monde a eu les pétoches, bon, moi je l’ai un peu plus hurlé que les autres. On en a tous bavé sur ces foutues bouées. Quel plaisir de se retrouver ensemble après, ensemble, c’est tout.