"A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'y en a ..." (Renaud, Mistral gagnant)
Venir te chercher à la sortie de l’école. Attendre de voir ta petite tête derrière la porte vitrée. Et tu sors, lentement, traînant ton lourd cartable. Ta petite main toute chaude qui se glisse dans la mienne. Tu me racontes ta journée. Sentir le pain du boulanger. Saluer le fleuriste au fond de sa boutique. Et remonter tranquillement la rue.
Tout s'arrête.
La neige nous invite au calme,
à ralentir nos gestes,
à nous recentrer en nous même.
Accepter de changer son programme.
Ne pas lutter.
Se poser.
Méditer devant les flocons virevoltants.
Vivre la spontanéité du moment.
Se réjouir de l'excitation des enfants.
Sortir bottes et gants.
Aller en nature.
Ecouter le craquement sous ses pas,
le silence de la forêt,
laisser des traces,
avaler les flocons,
modeler un bonhomme de neige.
Puis rentrer au chaud ,
partager tartines et chocolats chauds.
Lire une histoire,
au coin du feu,
blottis sous un plaid.
Retour de marché. Battre les œufs en omelette, y ajouter du persil, assaisonner et réserver. Rincer les girolles, les couper grossièrement. Faire fondre le beurre dans la poêle, ajouter l’ail pressé et le sel. Y faire revenir les girolles et les faire suer. Respirer. S’arrêter un instant. Respirer encore. Se remplit de l’odeur des champignons.
Je n’ai pas dix ans. Un après-midi à la petite cabane de Terreau, dans la Sarthe. Nous passons le jardin avec son vieil arbre tordu, et traversons ce grand fossé qui permet l’accès aux bois. Pourquoi ce fossé m’effraie-t-il tant : par ra profondeur, ou par cette porte ouverte sur l’immense et sombre forêt qu’il représente ? Les adultes nous aident à le franchir. La forêt. Ses allées végétales. Le rayon de soleil à travers la canopée. Les feuilles qui craquent. L’odeur de l’humus. Les couleurs automnales. Le chant d’un oiseau. Les bruissements du feuillage. Ces arbres majestueux qui s’élancent vers le ciel. Au signal de mon oncle, nous quittons l’allée principale pour nous enfoncer dans les sous-bois. Nous posons les paniers et écoutons ses conseils pour trouver les champignons. Les noirs pour les trompettes de la mort, les jaunes pour les girolles, peut-être trouverons-nous des bolet ? Les autres, nous n’y touchons pas. C’est à celui qui en ramassera le plus, qui trouvera le plus gros. Chanceux sera celui qui tombera sur cep. Cette année est une année à champignons. Les paniers garnis, nous faisons demi-tour. Nous repassons l’effroyable fossé. De retour dans la maison de Madou, mon oncle préparera notre cueillette et l’odeur de la cuisson se répandra dans la grande cuisine familiale avec sa cheminée et sa table centrale. . Cousins, oncles et tantes, parents, et Madou se réuniront au dîner autour de ces magnifiques omelettes aux champignons.
Quand l’eau s’est évaporée, ajouter les œufs battus. Cuire à feu doux. Ce ne sera peut-être pas la même recette que celle de mon oncle, ni la même effervescence d’un retour de cueillette, mon fils me réjouira en disant : »C’est trop bon, l’omelette aux girolles. » Les yeux fermés, le sourire aux lèves, je rêve encore à cette immense forêt et cette petite cabane au détour d’un chemin.
PS. Avant de partir en cueillette, respectez les propriétés privées (j’ai mis des années avant de comprendre que ce bois appartenait à ma grand-mère) et aillez une cueillette responsable 😊
J’aime cette maison de vacances, ces quatre murs et ces cinq cloisons. Cette vie minimaliste. Il n’y a rien que l’essentiel : assez de vaisselle, quelques meubles et une déco allégée. C’est si reposant, les pensées peuvent voguer, de l’espace pour évoluer et du temps pour autre chose. Ecrire, méditer, courir, la plage, être vraiment présent pour sa famille.
Que vais-je emporter comme souvenirs de mes vacances ? Un peu de minimalisme ? De l’essentiel ? Des temps de rien dans ma valise ?
Météo : il devait pleuvoir toute la journée, et finalement, ce matin, le soleil joue avec les nuages. On se demandait ce que serait cette journée pluvieuse : jeux, peinture, dessin, visite … Le soleil est là.
Enfiler ses baskets, aller courir, puis méditer sur le sable.
Accepter les changements et profiter de chaque instant.
Profiter. Profiter du jour présent. Carpe Diem. Et ne pas quand viendra la vieillesse découvrir que je n’avais pas vécu. Ces citations qui ont et raisonnent encore tant en moi de ce chef d’oeuvre des années 80 Le Cercle des poètes disparus. Cette dernière phrase m’a tant marquée que je me suis attelée à bien remplir ma vie. Trop. Créer des écoles en Afrique, rejoindre des associations, en créer, être femme, mère de famille, instit, directrice d’école, cours de dessin, de yoga, faire et remplir, toujours plus mon emploi du temps. Etre obnubilée à ne perdre aucune seconde de ce temps si précieux qui défile à toute vitesse. Et si à vouloir remplir trop sa vie, on passait à côté ? A côté de l’essentiel ? Qu’emportera-t-on de tout ça ?
Cette année, comme chaque année, j’avais pris mes pinceaux mes carnets, je n’y ai pas touché, ils sont restés au fond de la valise.
Aller sur la plage. Se poser là face à la mer.
Juste faire le vide, le silence. Et si le bonheur, l’essentiel, était dans la contemplation du beau et du rien, dans la simplicité ?
Se poser là, face à la mer. Juste le beau, le vide, le silence.
Pourquoi aujourd hui ? Est ce les 40°C ? Est-ce la couleur translucide de l’eau ? Est-ce le verre de rosé de ce midi ? Est-ce ces trois petits exercices lus ce matin de Ecoute ton corps (choisir une peur, imaginer sa vie sans elle, et poser une action a fin d’y faire face) ?
J’ai avancé dans l’eau, j’ai regardé mon fils de huit ans sauter les vagues, les traverser de l’intérieur, et faire comme lui, aller plus loin, toujours plus loin. Et puis accepter sans refléchir le bodyboard qu’on m’attachait au poignet, et y aller. Et recommencer encore et encore, à la recherche de la vague toujours plus haute pour surfer et se laisser glisser.
Et rire, rire par dessus les vagues, par dessus l’océan.
Allez, l’année prochaine je me mets au surf 😉
Et vous, quelle peur choisissez vous de surmonter ?
Rien. Rien, il n’y a rien que quelques maisons, le large tout autour, nous deux sur un sentier, le vent dans mes cheveux, la mer à perte de vue, le bleu des agapanthes, l’odeur iodée, un phare dans le lointain, un parfum d’exotisme, une plage de sable blanc, le clapotis de l’eau sur les galets.
Rien. S’arrêter là. Se poser là. Rien que ce sentiment d’infinie liberté.
L’amour c’est un regard, un sourire. L’amour c’est une main tendue, c’est un éclat de rire, c’est une douce soirée d’été entre amis, c’est l’instant présent. L’amour , c’est les petites attentions de vos proches qui ont su vous cerner, vous comprendre, vous toucher. L’amour, c’est se laisser toucher, c’est lâcher prise, c’est respirer, c’est être accepté tel que l’on est et accepter l’autre tel qu’il est. L’amour, c’est respecter, partager, se laisser surprendre, c’est pouvoir recevoir tout ça et le redonner.