










Chut !
Il est l'heure de nous oublier,
pour l'écouter.
Chut !
Il est l'heure de ralentir,
et chez soi se blottir.
Chut !
Il est l'heure de se déconnecter,
pour se calfeutrer.
Chut !
Il est l'heure de faire silence,
pour se mettre en maintenance.
Chut !
Il est l'heure d'en profiter,
pour la contempler.
Chut !
Il est l'heure.








Ce matin, au réveil, plus d’eau.
Mon fils me prévient dès le saut du lit. « Comment ça plus d’eau ? » Vérification immédiate.
Plus d’eau.
Premier réflexe : Mais comment va-t-on faire sans eau ? L’eau c’est la vie ! Panique, tu te crois dans Kirikou.
Deuxième réaction : J’ai déjà habité sans eau, ni électricité pendant un an, sur les magnifiques terres togolaises.
Le cerveau retrouve tous ses automatises et commence à s’organiser :
1 – aller au puits : bon, je n’ai pas de puits en région parisienne, mais l’eau de la piscine des enfants servira pour les toilettes, la douche et la vaisselle

2 – filtrer l’eau pour s’hydrater : bon, aller acheter un pack d’eau en bouteilles fera aussi l’affaire, uniquement pour s’hydrater
3 – rationner chaque verre, chaque douche, chaque toilette
4 apprendre à mes fils à vivre ainsi, si c’est ça le monde de demain
5 – missionner mon mari pour chercher la cause : se renseigner auprès du fournisseur, de la ville, des voisins (bien sûr un dimanche matin …). Rien sur les sites et c’est la même chose chez les voisins.
Bon, entre temps l’eau est revenue en mince filet. Donc il va falloir rationner.
Ma voisine a trouvé la cause en regardant par la fenêtre : on a une nouvelle piscine municipale 😒.

Tout va vite revenir dans l’ordre pour aujourd’hui.
Mais la question reste dans ma tête : demain, faudra-t-il apprendre à nos enfants à vivre sans eau ?

Être juste là, au bon moment.












Mon amour,
Pour ton anniversaire je t’offre un cadeau d’une grande simplicité et en même temps chargé de trésors, invisibles à celui qui ne sait pas voir, mais bien présents.
Tu y trouveras :
la santé, l’émerveillement, la beauté, le respect de la nature, la liberté, la tranquillité, l’épanouissement, la décompression, la magie de l’instant et la joie des papilles.









Un resto-rando à Cancale

Me voilà au pied de la montagne. Je sais que je dois grimper là-haut. C’est une évidence, je veux y aller. La vue sera magnifique.
J’ai tout préparé : mon sac, ma tenue, chaussures, casquette, crème solaire, pique-nique, gourde d’eau, trousse à pharmacie poncho, et surtout mon plan. Tout est prêt. Et je suis là, au pied du massif.
C’est énorme vu d’en bas. C’est tellement haut. Comment faire ? Par où commencer ? Et si je manquais d’eau ? Et si je tombe ? Si je me perds ? Est-ce si utile, au fond, d’aller là-haut ? Cette ascension est sûrement exceptionnelle, mais en ai-je encore la force ? Le courage ? Et je sais que si je recule encore, il sera trop tard.
Au pied des hauteurs, je cherche l’accès le plus facile par lequel commencer. Mais je perds du temps. Peut-être qu’il n’y en a pas. Peut-être qu’il suffit juste de se décider et de commencer, de prendre un chemin et de se laisser guider. Je regarde la montagne. Je ferme les yeux. Mon baromètre intérieur me dit « oui ». Quand j’ouvre les yeux, je vois un petit panneau indiquant un passage.
Je pose le premier pas.
Dimanche.
Premier matin où le soleil est là depuis des semaines. Six semaines sans lui au réveil, c’est long. Moi qui aime tant guetter son premier rayon. Ce matin, il était là avant moi.
Ouvrir grand, très grand, les fenêtres, l’inviter partout dans chaque recoin de la maison.
Sentir sa chaleur nous caresser la peau, et toutes les odeurs qu’il amène, ces odeurs d’été, de vacances, de bien être.
Sentir cette douceur qui s’infiltre partout, dans chaque pièce, au plus profond de nous.
Et cette lumière qui nous illumine, ces couleurs qui se ravivent, ce bleu infini.
Sentir cette joie nous inonder.
A tous, je souhaite une merveilleuse journée ensoleillée d’amour, de paix, de sérénité. On en a tous tant besoin.
C’est bon. Maintenant mon jardin est bien fleuri.
Tu es fatiguée. Tu le ressens. Mais tu es fière aussi.
Quel chemin parcouru depuis la plantation de la première graine !
Tu as défriché, tu as semé, arrosé, cherché à créer des espaces aux milles couleurs, milles parfums.
Des jardins dans un même jardin. Certains plus anglais, plus à la française, plus japonisants, plus naturels, plus exotiques. Regarde-le ce merveilleux jardin. Regarde toutes ces fleurs, profite de chacune, respire chaque parfum, observe leurs couleurs, leur beauté,
Ne cherche pas à planter davantage pour le moment, tu n’y verrais plus rien, tu t’y perdrais. Et ton jardin fanerait parcelle après parcelle.
Arrête-toi pour arroser, enlever les fleurs fanées, désherber les allées, tailler les massifs.
Prends le temps d’observer tout ce que tu as semé, d’entretenir, de regarder pousser chaque plantation, chaque carré, de faire fructifier chacun de tes plants, et de te recueillir sous l’ombrage des feuillages.
Il a fait froid cet hiver Froid de travail Froid d'inclusion Froid de bruit Froid de travaux Froid d'accablement médiatique Froid de menaces politiques Froid de restriction Froid d'énergie Froid de covid Froid d'épuisement Il a fait froid cet hiver J'avais éteint la lumière Je m'étais recroquevillée En moi-même Alors ce matin Quand je suis sortie Et que je l'ai sentie Ma première bulle de printemps Je me suis arrêtée Je me suis réveillée J'ai respiré Respiré à pleins poumons J'ai laissé les bulles de printemps Remplir chacun des alvéoles Je me suis redressée J'ai regardé Souri Et je suis repartie