hamac aux histoires

Trop tard

Il est là, au sol. Il ne bouge presque plus. Forme molle et flasque. Grisâtre. Je le regarde crever doucement. De temps à autre, il m’appelle. Rien. Je ne ferai rien. Je ne bougerai même pas le petit doigt pour lui. Juste ce regard de dédain, de mépris. Il bouge encore, mais pour si peu de temps. Il se meurt. Il s’efface, il disparaîtra. Il est trop tard. J’en ai déjà oublié son nom.

Je continue ma vie. Pas le temps de me retourner, de m’apitoyer sur son sort. J’ai tant à faire. La vie m’appelle de partout, de tout côté. Si je me retourne sur lui, c’est moi qui meurs. Le laisser partir. Ne pas en désirer d’autres. Rester surtout le nez dans le guidon. Ne pas y penser. Mettre ses œillères. Aller de l’avant. Toujours tout droit. Ne pas s’arrêter. C’est si facile de se laisser guider. Vivre ou survivre. Tant pis.

Il est là, au sol. Un dernier regard. Pas besoin que je l’achève. Il va crever tout seul. Il agonise déjà. Mon rêve.

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